Musique!

Maintenant, surfez en musique avec ma web radio...
Si vous le souhaitez, cliquez sur "play".


Texte Libre

Le profil Facebook de Jean-Claude Marcourt

Images aléatoires

  • dsc-0057.jpg
  • voeux-2007-307.jpg
  • dsc-0088.jpg
  • Salon-vert-bleu-soleil-2009_0335.JPG

Flux d'infos...

  • Flux RSS des articles

Recommander

jc.marcourt

Vendredi 14 juillet 2006 5 14 /07 /2006 10:52

Ce blog, je souhaite en faire une interface complémentaire à mon site internet (dont la naissance est annoncée sous peu).
Une interface interactive par l'intermédiaire de laquelle j'espère pouvoir vous "rencontrer".  Un carrefour vivant ou nous pourrons échanger nos idées et débattre.


Débattre des matières que je gère comme Ministre régional Wallon de l'Emploi, de l'Economie et du Commerce extérieur, mais aussi de tout ce qui, de près ou de loin concerne Liège.  La ville, la province et la région.


Ce blog démarre en été…  L’été, c’est le temps des vacances même si les difficultés ne s’effacent pas par enchantement et si la solitude se marque encore davantage chez ceux qui en souffrent.

Pour la plupart d’entre nous, c’est heureusement une période de bonheur : prendre un peu plus de temps pour soi, pour sa famille, pour ses enfants ; découvrir de nouveaux horizons ; recharger ses batteries et évacuer le stress accumulé au cours des mois passés. Cette respiration est importante parce que la vie n’est pas toujours facile et que pour beaucoup les temps sont difficiles.

Mais les vacances ne durent qu’un moment et déjà la rentrée est proche, une rentrée qui, cette année, sera placée sous le signe des élections communales.

Pour la première fois, je serai candidat aux élections communales, à la 47è place sur la liste PS.

Je voudrais en quelques mots vous dire pourquoi. Depuis deux ans, je suis ministre de l’Economie et de l’Emploi de la Région wallonne. Depuis deux ans, je me consacre entièrement, avec le maximum d’énergie, au développement de l’activité économique en Wallonie.


Mes objectifs : 

 

·          permettre la création d’emplois et tout faire pour préserver ceux qui existent car nous avons aujourd’hui besoin d’emploi comme de pain. Et je pense plus spécifiquement aux jeunes qui doivent avoir un  projet de vie et toutes les chances pour le mener à bien. C’est la raison du plan Marshall dont les effets positifs commencent à se faire sentir.

·          aider Liège, ma ville, à se tourner résolument vers l’avenir.


Je veux mettre mes responsabilités de ministre au service des Liégeoises et des Liégeois pour que chacune et chacun puissent avoir une meilleure qualité de vie et cela passe obligatoirement par plus d'activités économiques, par plus d'emplois.


Liège est aujourd'hui à la croisée des chemins.

Les événements tragiques que nous venons de connaître me renforcent dans la volonté de faire de Liège une ville propre, sûre, solidaire et prospère.

Je désire ardemment qu'elle prenne sans aucune hésitation le chemin de l'avenir.
Avec détermination et honnêteté, je souhaite avec vous et pour vous apporter ma pierre à la construction de cet avenir commun dans lequel tout le monde, absolument tout le monde, doit trouver sa place.


Située au cœur de l'Europe, Liège a de nombreux atouts.

Nous avons la chance d'avoir dans notre ville une université. Elle doit être le moteur de cet avenir commun comme l'enseignement technique et professionnel. La nouvelle gare des Guillemins doit donner un nouvel élan à l'ensemble de la ville, j'y veillerai.
Liège, ma ville de toujours, mérite l'attention plus que jamais de toutes celles et de tous ceux qui l'aiment.


Liège, ouverte sur le monde, accueillant tout qui veut la rejoindre, fière de son histoire, doit sans complexe et pleine d'ambition regarder vers demain.

Je pourrais continuer à parler de Liège très longtemps. C'est vrai quand on y est né, quand on y a vécu, quand on y vit, Liège est une passion débordante que je souhaite partager avec vous.


Par ailleurs, être candidat, c’est avant tout être à votre écoute et à votre disposition. N’hésitez pas à me contacter au 0472.84.66.03, par email à info@jcmarcourt.be ou via ce blog sur lequel vous pouvez laisser vos commentaires et impression, vous inscrire à la newsletter…


Je vous donne rendez-vous afin d'en parler ensemble dans les semaines et les mois qui viennent. Je vous souhaite déjà de bonnes vacances.


A bientôt, bon blog.

Par Jean-Claude Marcourt - Publié dans : jc.marcourt
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 24 juillet 2006 1 24 /07 /2006 17:03

Ceci est mon premier blog. Même si j’aurais souhaité que cette première soit marquée par moins de gravité, il est d’autant plus important que le sujet est d’une terrible actualité.


La guerre – quel autre mot employer ? – qui vient d’éclater au Moyen Orient me fait l’effet d’une grande claque au visage.  Du genre de celles qui vous font douter de la possibilité de voir le monde réellement avancer vers la paix.  De celles qui mêlent la révolte au découragement.


Bon gré, mal gré, on avait le sentiment que les choses avançaient dans la région.  Lentement , par à-coups, imparfaitement certes, mais en gardant le levier de vitesse enclenché sur le mode marche avant.  Le Liban, enfin dégagé de l’emprise syrienne, semblait rendu à son libre arbitre.  Les forces démocratiques retrouvaient des raisons de regarder l’avenir en face : le débat politique se réorganisait ; l’activité économique connaissait une reprise remarquable et la saison touristique, la première à délivrer ses promesses de nombreux visiteurs, semblait devoir sceller les espoirs de renouveau.   En Israël et en Palestine, la situation apparaissait plus mitigée.  L’arrivée au pouvoir du Hamas avait jeté un froid qui faisait renaître les tensions après l’évacuation de la Bande de Gaza.  Mais l’accord intervenu entre Mahmoud Abbas et son gouvernement quelques heures avant le déclenchement du conflit ouvrait bien des possibles.

C’était sans compter avec les franges les plus radicales du Hamas qui, cherchant manifestement à faire capoter tout compromis, ont choisi de provoquer Israël par une équipée guerrière sur son territoire et, clou de la razzia, l’enlèvement d’un soldat.  C’était oublier un peu vite aussi la propension israélienne à ne pas en rater une pour rappeler sa supériorité militaire.  C’était enfin perdre de vue le Hezbollah voisin qui s’abreuve depuis toujours à la stratégie du pire.


Le Sud Liban, la Cisjordanie, Gaza.  Trois mèches. Le Hezbollah, le Hamas, les faucons de Tsahal.  Trois pyromanes.  Et, juste derrière, la Syrie et l’Iran d’Ahmadinejab pour souffler sur les braises (et fournir le combustible).  Ca fout la trouille.


Mais le plus inquiétant, me semble-t-il, c’est de laisser ces trois-là se débrouiller entre eux.  Que les Israéliens considèrent que le Hezbollah menace gravement sa sécurité est une chose – et une chose qui, j’y insiste, ne doit pas être minimisée : l’impressionnant arsenal de roquettes, missiles gyroscopiques et autres katiouchas rassemblé par les radicaux Chiites au Sud-Liban ne l’a pas été par hasard et à de quoi faire froid dans le dos.   Qu’ils décident de régler le problème eux-mêmes en s’asseyant sur le droit international en est une autre.  Mais que la communauté internationale –quoi que puisse ici signifier ce terme à géométrie variable … –  laisse les belligérants s’affronter au détriment de centaines de vies innocentes et au mépris de la souveraineté d’une démocratie cruciale pour l’équilibre de cette partie du monde, une démocratie fragile et en faveur de laquelle cette même communauté internationale s’était engagée avec force au cours des derniers mois, voilà qui est intolérable.


Le Hezbollah doit être désarmé et Israël doit se replier derrière ses frontières.  Ce sont les deux impératifs d’un règlement durable de la crise, règlement qui passe par le respect de l’intégrité territoriale du Liban et par le rétablissement d’un état de droit qui permette enfin aux différentes communautés libanaises de vivre en paix. Cela, comme l’indispensable établissement d’un vrai Etat palestinien, n’a aucune chance de voir le jour sans engagement courageux des grandes puissances.


Certes les freins à une telle solution sont nombreux et il n’entre pas dans mes intentions de les minimiser.  Mais, dans un monde d’interdépendance, un monde où l’embrasement généralisé du Moyen Orient aurait des conséquences catastrophiques partout ailleurs (montée du radicalisme, flambée du pétrole, nouvelles vagues d’immigration …), l’attentisme actuel, en plus de cautionner les centaines de morts civils déjà recensées, me paraît constituer un facteur aggravant du conflit.


L’ONU est un voie importante, mais elle n’est pas la seule.  Les Européens, de leur côté, doivent aussi se parler et décider comment agir ensemble. Outre tout ce qui a déjà été souligné plus haut, ils ont deux bonnes raisons pour le faire.  La première, c’est qu’ils ne peuvent laisser se déliter tout ce à quoi ils ont œuvré patiemment dans la région (y regagnant au passage un peu de leur crédibilité).    Ils doivent assumer les responsabilités prises avant les dernières élections libanaises et se porter garant de l’intégrité territoriale et de l’autogestion démocratique de ce pays ; ce qui implique aussi assumer leur erreur précédente d’encourager l’intégration du Hezbollah politique dans l’Exécutif libanais.  La seconde raison pour laquelle les Européens doivent agir ensemble tient au fait que, comme l’a bien analysé Renaud  Dehousse[1], la construction européenne, en phase de sévère ralentissement depuis les référendums français et hollandais, ne pourra être relancée qu’à travers des projets concrets et des entreprises communes.  Et c’est bien de ce dont il s’agit ici : le Liban est sur notre chemin.


A condition bien sûr que chacun admette qu’il s’agit d’un chemin commun.  Or rien n’est moins sûr : regarder les actualités de ce dimanche suffisait pour constater que les ministres allemands, français et anglais des Affaires avaient chacun choisi des itinéraires différents, au sens propre comme au figuré.


Pourtant, les institutions européennes offrent des outils à leurs Etats membres pour adopter une  initiative conjointe et disposer ainsi d’une plate-forme commune à élargir ensuite à d’autres partenaires.  Je pense en particulier aux Américains et aux Arabes.   Les Américains parce que, en plein conflit diplomatique sur la nucléarisation de l’Iran, ils ont là une opportunité de faire comprendre à Amadinejab qu’ils  ne toléreront pas l’expansion du totalitarisme chiite (quelque que soit par ailleurs leur responsabilité antérieure dans le développement de ce dernier …).  Quant aux pays arabes, dont on aura noté l’extrême prudence jusqu’ici, ils ont tout intérêt à montrer à leur population qu’ils apportent la paix là où le radicalislamisme sème la guerre ; et ce sans pour autant céder à Israël.


Ma conviction est que la Présidence du Conseil européen, le Haut représentant aux Affaires étrangères ou, à défaut, une coalition de plusieurs Etats membres devraient demander une réunion urgente du Conseil européen afin d’élaborer une position commune (qui présenterait aussi l’avantage d’augmenter le poids cumulé des Européens au sein de l’ONU).  Rien n’interdit à la Belgique de s’impliquer dans un tel dispositif.  Nous avions joué un rôle courageux avant et pendant le déclenchement de la deuxième guerre du Golfe.  Pourquoi ne retrouverions-nous pas cet élan dans le contexte actuel ?  C’est en tout cas mon souhait et, j’en appelle au gouvernement fédéral pour qu’il agisse résolument dans ce sens.




[1] La fin de l’Europe (Paris, Flammarion 2005) - Renaud Dehousse, liégeois, est directeur du Centre d’Etudes européennes de Sciences Po

Par Jean-Claude Marcourt - Publié dans : jc.marcourt
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 3 août 2006 4 03 /08 /2006 12:36

La démocratie ne s’impose pas, écrivais-je plus haut.  Elle réclame une mise capacité qui doit, elle-même être créée à travers des solutions politiques.  Le processus mis en place depuis plusieurs années au Congo, processus qui connaît une phase décisive et, à ce stade, réussie, avec l’organisation des élections présidentielle et législative, constitue un beau contre-exemple de la situation décrite dans les lignes qui précèdent.


Certes, il ne serait pas raisonnable de comparer la situation au Moyen Orient à celle de la région des Grands Lacs.  Il n’empêche que voici un pays immense, dont les frontières ont été tracées par des ambitions extérieures, qui a subi le colonialisme, qui a connu la dictature et l’exploitation de ses ressources, qui est à peine sorti de la guerre civile et qui pourtant se cherche un avenir à travers une solution politique.  Celle-ci a été (je parle de la période de transition), est et sera forcément imparfaite.  Il ne faut pas être naïf sur les rapports de force – parfois tissés de procédés extrêmement violents – qui sous-tendent les échanges entre leaders politiques, pas plus que sur les moyens parfois peu orthodoxes utilisés pour séduire les électeurs. Il ne faut pas se faire d’illusion non plus sur le fait que le processus démocratique, s’il se poursuit dans de bonnes conditions, mettra automatiquement et rapidement fin aux exactions et horreurs qui se poursuivent dans certaines régions.   Néanmoins, reconnaissons qui’il a fallu et il faudra encore beaucoup de courage et d’intelligence politiques aux protagonistes du conflit congolais pour accepter les règles du jeu démocratiques.


Ces derniers jours, les images qui nous parviennent du Congo sont des plus rafraichissantes.  Bien sûr, elles font état, autour de tel ou tel bureau de dépouillement, d’un joyeux bordel qui laisse auguré d’une rigueur approximative des résultats ; bien sûr, elles rapportent des contestations (et le phénomène est sans doute appelé à prendre de l’ampleur).  Mais, dans l’ensemble, elles nous montrent surtout que le chemin démocratique est praticable, même dans des situations particulièrement difficiles.  Merci à nos amis congolais pour cette belle leçon et tous mes vœux de réussite pour les étapes à venir !


Congo toujours : le passé colonial dans la Mesure du possible …


A propos du Congo encore, je vous recommande la lecture de la traduction du fameux pamphlet d’Arthur Conan Doyle, Le Crime du Congo[1].  On doit cette initiative à une petite maison d’édition, La Mesure du Possible, créée par Paul Hermant, l’animateur de Causes Communes et l’inventeur de l’Opération Villages roumains, dont on peut aussi entendre les chroniques régulières sur la RTBF.


Il faut vraiment souligner ce geste car, si le texte du père de Sherlock Holmes n’est pas exempt d’approximations ni d’exagérations, il n’en constitue pas moins une pièce importante, au même titre que le Soliloque du Roi Léopold de Mark Twain, à verser au dossier de la colonisation et du débat qui fit rage, au début du siècle dernier et dans toute l’Europe, sur la cruauté et certains abus de l’entreprise coloniale du roi des Belges.


Préparer l’avenir, c’est aussi affronter le passé.  Et qui veut comprendre le Congo d’aujourd’hui ne peut faire l’économie d’un inventaire critique et serré de la période coloniale.  En ce sens, le travail des éditeurs est remarquable car ils ont fait suivre le texte – dont la dernière traduction française, incomplète et introuvable, remontait à …1910 – d’une lecture critique de Jean-Claude Willame, africaniste reconnu, et l’ont augmenté de plusieurs autres documents, dont une ligne du temps particulièrement bien conçue.  Bref, de la belle ouvrage qui peut contribue utilement à notre indispensable travail de mémoire collective.  Et qui tombe à pic pour aider à prendre en considération les racines du présent, sans angélisme ni auto-flagellation.   Permettez-moi, à ce propos, de citer ici la conclusion de Willame.  « Bien sûr, écrit-il, nous ne pouvons pas être tenu collectivement pour responsables des turpitudes de certains de nos aïeux.  Bien sûr aussi, les Congolais, lorsqu’ils ne relisent pas aujourd’hui leur passé avec des lunettes moins critiques, voire plus complaisantes à l’égard du « Congo de papa », affectionnent de ruser avec nous sur la question de notre « responsabilité historique ».  Mais une chose est tout aussi sûre.  Nous ne pouvons faire l’économie de nos responsabilités actuelles face à un drame qui se rejoue aujourd’hui sous forme d’une économie de guerre où les viols, les meurtres et les massacres incessants ont remplacé les « mains coupées » de l’époque du caoutchouc rouge ».



[1] Arthur CONAN DOYLE, Le Crime du Congo, éditions La mesure du possible, 2006, 20Euros.  La mesure du possible : 30, avenue Jef Lambeaux, 1060  Bruxelles ; www.lautresite.com

Par Jean-Claude Marcourt - Publié dans : jc.marcourt
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 3 août 2006 4 03 /08 /2006 12:39

Il y a une semaine, j’ouvrais ce blog sur la situation au Liban.  Le Conseil européen, que j’appelais de mes vœux, s’est réuni hier.  Pour aboutir à une formulation ambiguë, qui masque mal les divergences de fond entre Etats membres.  L’appel à une « cessation immédiate des hostilités qui sera suivie d’un cessez le feu durable » préserve cependant l’essentiel : la convergence de tous sur l’arrêt immédiat des violences armées.  Au lendemain du drame de Cana, au cours duquel des dizaines de civils libanais ont été tués par les bombardements israéliens, on ne pouvait difficilement faire moins.  Il n’empêche que cette prise de position a toutes les chances de demeurer lettre morte dés lors que les Etats-Unis soutiennent sans nuance et sans faiblir l’attitude d’Israël.


Ce soutien Américain à une solution armée unilatérale est à la fois typique et paradoxal.  Il ne constitue pas vraiment une surprise dans la mesure où s’il s’inscrit logiquement dans la doctrine néoconservatrice  qui domine en matière de relations internationale depuis l’élection de George Bush junior.  Pour la résumer d’une formule, on pourrait dire que cette doctrine repose sur la conviction que les Etats-Unis sont les garants universels de la démocratie et que celle-ci doit être imposée, par les armes s’il le faut, là où elle n’existe pas (ou n’est pas suffisamment développée).  Israël, allié des Etats-Unis, se voit automatiquement accordé un brevet de démocratie active.  Son combat pour sa défense s’en trouve automatiquement légitimé, même s’il se traduit par une guerre sur un territoire extérieur à ses frontières nationales. 

Le paradoxe réside cependant dans le fait que, cette fois, le pays agressé est une démocratie, la plus avancée sans doute de la Région.   A la différence de l’Afghanistan des Talibans, de l’Irak de Saddam Hussein ou même de la Somalie , le Liban actuel est un pays qui dispose d’un système politique et électoral basé sur le multipartisme, d’une presse libre et indépendante, d’une réelle pluralité culturelle et religieuse.  Je lisais récemment dans un grand quotidien français qu’au moment des premières attaques israéliennes –  en réponse, ne l’oublions pas, aux tirs de missiles du Hezbollah – une troupe de jeunes femmes représentait les Monologues du Vagin dans un grand théâtre de Beyrouth.  Y a-t-il symbole plus parlant de ce qu’est le Liban, pays de liberté politique, religieuse et culturelle, pays où les femmes sont respectées et reconnues comme nulle part ailleurs dans le monde arabe ?  Imagine-t-on en effet un seul autre pays arabe où pareille manifestation théâtrale serait aujourd’hui possible, où personne ne s’offusque de voir des femmes boire, fumer ou danser en pleine période de Ramadan ?


Voilà bien la limite et l’ambiguïté du discours « néocons » américain : au nom d’une certaine idée de la démocratie, on ne voit pas d’objection à affaiblir la démocratie réelle.  On prétend créer une grande pépinière démocratique au Moyen Orient mais on commence par laisser étouffer le plant vivace de démocratie qui s’y trouve déjà !  Après le désastre irakien, la preuve de l’inefficacité de l’approche actuelle de Washington ne devait plus être faite.  Le doute demeurait toutefois permis, chez certains, quant à la sincérité sinon du discours, du moins des intentions.   Cette fois, le masque risque bien de tomber pour de bon.  Si l’objectif des Etats-Unis est bien, comme ils le prétendent, de promouvoir la paix et la démocratie au Moyen Orient, ils doivent faire cesser les combats.  Dans le cas contraire, le monde entier pourra s’interroger sur leurs ambitions réelles réside et sur la séduction qu’opèrent chez eux les moyens plutôt que les finalités, à savoir la domination par la force.


En attendant, la position américaine est un fait qui doit être pris en compte par les Européens.  De même que l’attitude britannique qui a, une nouvelle fois, trouvé là l’opportunité de réintroduire une ligne fractale dans la politique étrangère de l’Union.  Mes camarades travaillistes devront un jour me démontrer qu’il n’y a pas là une volonté systématique de la part de Tony Blair.  On le présente volontiers comme le « mieux-disant européen » au Royaume-Uni.  Mais dans quelle mesure cette étiquette ne l’aide-t-elle pas surtout à tout faire pour empêcher que l’UE ne devienne véritablement une puissance mondiale ?  Jusqu’à quel point ce dernier objectif ne joue-t-il pas un rôle au moins aussi important pour lui que son ambition de recréer un lien fort entre son pays et les Etats-Unis ?  De ce point-de-vue, je partage totalement l’analyse de François Hollande, exprimée dans son livre d’entretiens avec le journaliste Edwy Plenel.   Tout en reconnaissant à Blair des mérites incontestables quant à la manière dont il a rendu confiance à son pays sur le plan de la croissance, de la diminution du chômage et de la mutation économique, il se montre beaucoup plus critique pour ce qui concerne la dimension européenne.  « Par une diplomatie active et une propagande habile, relève-t-il, [Blair] a largement influencé la dérive de l’Europe vers le modèle anglo-saxon : un grand marché, seul ciment d’une union élargie à vingt-cinq.  Et le « non » français au traité constitutionnel, qui lui a évité d’organiser dans son propre pays un référendum dont l’issue ne faisait pas de doute, lui a permis d’en terminer, pour un temps, avec une Europe politique dont il pouvait craindre qu’elle fut trop marquée par le schéma institutionnel du couple franco-allemand »[1].


Il faudra être attentif, dans les jours qui viennent, à la manière dont les Etats membres de l’Union européenne se positionnent par rapport au deux propositions en débat : l’Américano-britannique, qui réclame un cessez-le-feu au moyen d’une force internationale qui prolongerait la mission actuelle d’Israël et éradiquerait le Hezbollah, et la Française , réclamant elle aussi le cessez-le-feu mais sur la base d’un accord politique intra-libanais comme préalable au déploiement d’une force de maintien de la paix.  Pour moi, la différence tient aux rôles respectifs attribués par chacune des propositions au dialogue politique et à l’usage de la force.  Si elle ne réussit pas à s’accorder sur l’importance cardinale du premier élément, l’Union européenne ne pèsera sur rien et ratera une occasion fondamentale de retrouver du crédit auprès des populations arabes et nord-africaines.



[1] Devoirs de vérité, Stock, 2006, p. 199.

Par Jean-Claude Marcourt - Publié dans : jc.marcourt
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 4 août 2006 5 04 /08 /2006 16:01

On peut reprocher beaucoup de choses à Didier Reynders, mais certainement pas son manque de sens de la communication.  Ni d’ailleurs une certaine constance dans la mauvaise foi (qui me dit que ça irait de paire ?). 

En lisant hier dans Le Soir la énième sortie du Président du MR contre le plan Marshall, me revenait en tête une phrase souvent entendue dans ma jeunesse : mintez, mintez, I èn’ dmorè toudi ene sacwè.  En fonction de cet adage populaire, dire le contraire de la vérité laisserait toujours des traces.  Si l’on se place sur le plan de l’efficacité électorale et non sur celui de l’éthique, le procédé ne serait donc pas idiot.  En tout cas, c’est une option qu’a manifestement retenue mon voisin du pays de Liège.


Reprenons : il y a un an, à l’annonce du plan Marshall, Didier Reynders en rejetait le principe a priori en considérant que « un plan Marshall, c’est tendre la main à quelqu’un d’autre ».  Quand il s’est rendu compte que le projet du gouvernement wallon ne consistait pas à demander des subsides à d’autres entités mais bien à compter sur nos propres forces et à parier sur la créativité de nos chercheurs et de nos entreprises, le chef des libéraux a déplacé le centre de gravité de ses attaques – sans, bien entendu, faire amende honorable.  Son angle de tir porte depuis lors sur la prétendue absence d’effets concrets du plan Marshall.  Du point-de-vue de ce qu’il convient sans doute d’appeler « marketing politique », la posture du ministre des finances et de ses conseillers en communication est incontestablement adroite (ceci dit sans jeu de mot …). Le plan Marshall consiste pour l’essentiel à faire phosphorer nos entreprises et nos universités pour préparer l’avenir en évitant que notre économie ne dépende trop de solutions peu concurrentielles ou en voie d’être dépassées.  Ses effets se font par conséquent sentir en cascade, et il est évident que, si, un an à peine après le démarrage de l’opération, ils touchent déjà  une série d’opérateurs de terrain, ils ne seront par contre ressentis que progressivement par des cercles de plus en plus larges de la population.  Prétendre que le plan reste sans effet fait donc appel, par un procédé en trompe l’œil, à l’expérience immédiate des gens. C’est un peu comme si, pour être taquin, je disais que le passage à l’Euro n’a pas eu d’effet sur le pouvoir d’achat …


L’autre astuce communicationnelle derrière le slogan libéral selon lequel le plan n’aurait pas encore d’effets, c’est celle qui consiste à suggérer qu’il prend du retard et tenter ainsi de masquer le fait, que bien au contraire, les délais de réalisation budgétaire, légistique et opérationnelle du plan Marshall ont été remarquablement rapides (une année, je le répète, entre l’annonce du plan et la première sélection de projets à l’intérieur des pôles de compétitivité).


Lorsque le chef de file libéral réaffirme qu’il n’a « pas rencontré Mr Marshall », je note d’ailleurs qu’il le fait à un moment précis, soit trois semaines après l’annonce de la première sélection de projets dans les différents pôles.  Peu de temps avant celle-ci, on avait entendu le MR ré-entonner son antienne sur l’absence de résultats de Marshall.  A l’annonce de la sélection, silence radio libéral !  Il faut dire que tous les observateurs – scientifiques, entreprises, gouvernement flamands, personnalités étrangères… –  exprimaient alors des appréciations flatteuses sur la qualité de la sélection, dont l’indépendance et la transparence ont été saluées, ainsi que sur ses résultats.  Dans le même temps, plusieurs de mes collaborateurs étaient invités à présenter notre expérience, au titre de bonne pratique, par des gouvernements étrangers qui envisagent à leur tour de développer la méthodologie adoptée en Wallonie.  Voilà qui contredisaient les oiseaux bleus de mauvais augure et les contraignaient au silence.  Pour combien de temps ?  On connaît la réponse : une fois tout le monde en vacance, le petit refrain insidieux est à nouveau persiflé … Et gageons qu’on le réentendra encore souvent car, pour en revenir à l’analyse communicationnelle, la technique utilisée joue assez cyniquement sur ce que les stratèges médias appellent la capacité d’oubli des lecteurs/auditeurs/téléspectateurs : une fois qu’un sujet quitte la Une , il devient d’autant plus facile de le manipuler que l’opinion en a une connaissance de plus en plus imprécise.


Pour ce qui me concerne, j’ai tendance à considérer que Mr Reynders nous donne là une illustration de ce fameux ‘mal politique wallon’ qu’il aime tant dénoncer. Car si ce mal (qui n’est d’ailleurs en rien spécifique à la Wallonie ) procède bien pour partie de pratiques inacceptables sur le plan de la bonne gouvernance qui, d’où qu’elles viennent, doivent être combattues fermement, il réside tout aussi sûrement dans l’attitude politicienne, toutes tendances confondues, qui consiste à critiquer pour critiquer, à parier sur l’échec, à entretenir le pessimisme.  Je ne suis pas naïf et je connais suffisamment les codes de la politique pour comprendre qu’un président de parti ait besoin de se positionner dans la perspective d’échéances importantes.  Je n’arrive toutefois pas à me faire à l’idée que certains semblent pour autant prêts à sacrifier à leurs ambitions électorales les efforts concrets consentis pour l’avenir de tous non pas seulement par une coalition gouvernementale mais par tout un tissu économique, intellectuel et citoyen.  Je suis surtout convaincu qu’une telle approche est contreproductive à terme pour l’avenir de notre Région.


Je souligne aussi que le risque de recourir à de tels procédés n’est pas nul en soi car, toutes autres choses demeurant égales par ailleurs, il sera toujours plus facile de disqualifier de la sorte les actions structurelles qui, comme le plan Marshall, partent des lieux de créativité et des outils de production pour irradier toute la société wallonne que les mesures ponctuelles à effet facial et immédiat.  Le danger est grand, dés lors, de créer un climat qui encouragerait le monde politique à se détourner des grands chantiers fondamentaux, pourtant indispensables, au profit de mesures capillaires et limitées qui viseraient à impressionner directement et individuellement le plus grand nombre mais qui n’auraient que peu, voire aucun, impact positif sur l’intérêt général.

Par Jean-Claude Marcourt - Publié dans : jc.marcourt
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés