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Lundi 23 avril 2007 1 23 /04 /Avr /2007 14:37
Le premier tour de l’élection présidentielle vient de rendre son verdict : c’est un duel « classique » gauche-droite qui va présider au second tour. Et les guillemets, en l’occurrence, ont toute leur importance.
 
Parce que d’un côté, Sarkozy incarne une droite attrape-tout certes, ce qui n’est pas nouveau, mais aussi décomplexée, désinhibée, une droite qui revendique la dualisation de la société, qui classe les citoyens au faciès, qui classifie génétiquement. Une droite du marche ou crève. Une droite du mépris de tout qui ne pense pas comme elle ou plutôt de tout qui a le front de penser, a fortiori si c’est autrement qu’elle.
 
De l’autre côté, du nôtre, passé le soulagement de la non répétition du syndrome du 21 avril (2002), la qualification de Ségolène Royal au second tour est plus que jamais une nécessité. Nécessité parce que la gauche et plus particulièrement le socialisme se devaient d’être acteurs de ce rendez-vous majeur, pour la France comme pour l’Europe. Mais nécessité aussi parce que, sans forcément adopter toutes ses prises de position, je pense que Ségolène Royal a le mérite absolu de moderniser le message socialiste et les pratiques qu’il sous-tend. Et que cette modernisation est non seulement compatible avec le respect et la promotion de nos valeurs mais surtout qu’elle indispensable à cela.
 
Je ne le cache : j’adhère sans réserve à la méthode Ségolène alors qu’il n’en est pas de même pour l’entièreté de son programme. Mais sur le fond aussi, il n’y a pas photo avec Sarko qui, chez nous, est présenté par d’aucun comme un modèle de retenue et de respect. Puisque passer la racaille au Kärcher – entreprise qui a demandé de ne plus être assimilée à cette situation, on la comprend et c’est tout à son honneur -, c’est, si j’ai bien entendu le président du MR, une manière de s’exprimer bien en deçà de ce qui se dit dans « ces  quartiers-là », avec la condescendance de service.
 
Quel que soit l’intérêt que nous y portions, la présidentielle française ne fera pas les législatives en Belgique. Le type de scrutin est différent, les rapports de force aussi mais, fondamentalement, les enjeux sont les mêmes. Et, je le pense profondément, la responsabilité des gens de gauche identique. Sans garde fou, sans pression et action permanentes, sans intervention volontaire et volontariste, la société des hommes est porteuse d’inégalité(s), d’intolérance, de violence, d’exclusion.
 
Notre engagement, c’est précisément de combattre tous ces facteurs de délitement du lien social. Nous devons au contraire lutter pour la cohésion, pour l’émancipation, pour la solidarité, pour l’égalité.
 
Ségolène, en modernisant la méthode, arrime ces valeurs. Est-ce que cela suffit pour lui ouvrir une voie royale, certainement et hélas pas.
 
Une chose, par contre, est certaine : le président de l’UMP se fondra sans problème dans les habits d’un tsar, garant des intérêts de sa caste. Mais il ne sera jamais un tsar cosy. L’histoire, d’ailleurs, a montré qu’il n’en était jamais ainsi.
Par Jean-Claude Marcourt - Publié dans : jc.marcourt
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