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Les dictatures et leurs sous produits que sont les régimes forts ont toujours eu pour premier réflexe de se méfier de l’intelligence et de vouloir juguler ou à tout le moins maîtriser l’expression en général et l’expression artistique en particulier.
Est-ce parce que « dans le monde de la condamnation à mort qui est le nôtre, les artistes témoignent de ce qui dans l’homme refuse de mourir », comme l’écrivait Camus ? Peut-être.
C’est en tout cas parce que l’art est une incomparable source de citoyenneté. Parce que la création artistique – tout comme peut l’être la découverte scientifique -, c’est évidemment la capacité de s’exprimer mais c’est donc aussi la capacité de s’indigner, de refuser la fatalité, de vouloir changer le monde.
J’en ai eu la confirmation au Festival de Liège qui vit les derniers moments de son édition
Chacun à sa manière, ces deux spectacles, ces deux expressions artistiques, questionnent, remuent, enrichissent.
Venus d’un pays où le pouvoir ferme les théâtres – on n’est jamais trop prudent : cadenasser, c’est bien, étouffer, c’est plus sûr ! -, les Iraniens Ouvriers de la joie nous ont montré toute la palette de leurs talents en provoquant l’émotion en mêlant art populaire traditionnel et improvisation (car en plus ils improvisent, c’est dire s’ils sont dangereux).
Avec la version filmée de Rwanda 94, on retrouve toutes les questions, tous les chocs, toute l’émotion du spectacle scénique du même nom. Très souvent, les captations ou autres adaptations filmées de spectacles vivants déforcent ceux-ci, les affadissent en perdant la fragilité et l’urgence du contact physique entre spectateurs et acteurs. Ici, le témoignage de l’infirmière reste bouleversant et l’exposé de Jacques Delcuvellerie garde sa lucidité extrême tout empreinte de doute avec, au bout de la réflexion, ce sursaut : « On ne peut pas ne rien faire ».
On est là au cœur de la citoyenneté comme je
Promouvoir l’art ressort donc pleinement d’une mission de service public. Ce qui renvoie à la responsabilité des pouvoirs publics, garants, précisément, de l’intérêt collectif, en précisant d’emblée que toute initiative émanant du privé ou toute collaboration avec le privé doit être recherchée et encouragée.
Une ville ou une région qui porte la culture est immanquablement portée par elle. Parce que les idées y sont davantage en débat, l’imagination davantage porteuse de projets, la découverte de nouveaux horizons davantage accessible. Et j’ajoute, c’est une dimension trop souvent oubliée, parce que la culture est aussi créatrice d’activités et d’emplois, directs comme indirects.
Post scriptum :Ce samedi 17 février, le Festival de Liège se termine – c’est là qu’on regrette de n’avoir pas plus de temps disponible pour faire d’autres découvertes - sur un anniversaire : le 30ème du Cirque Divers. A cette occasion j’ai répondu à l’invitation du jardinier des paradoxes,
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