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Mardi 10 octobre 2006 2 10 /10 /Oct /2006 15:24
A tous ceux qui m’ont soutenu, qui m’ont témoigné leur confiance en votant pour moi ou en participant à ma première campagne électorale, merci du fond du cœur.

Ce fut une expérience fabuleuse. Liège et les Liégeois, je connais depuis toujours. Mais pas comme ça. Pas en allant les rencontrer pour défendre un programme, pour discuter politique jusqu’au bout de la nuit à l’occasion d’une soirée « tupperware » ou de la troisième mi-temps d’un débat entre candidats. Merci de votre accueil, de vos encouragements, de vos nombreuses idées aussi, que j’ai notées et dont beaucoup alimenteront certainement mes propositions au Conseil communal.

Merci à mes colistiers pour leurs conseils parfois, leur présence souvent et leur soutien toujours.

Notre liste a fait un beau score. Dans un contexte difficile et après avoir amorcé une reprise en 2000, elle progresse à nouveau. C’est un beau message de reconnaissance du travail accompli qui est ainsi adressé à l’équipe sortante et à notre Bourgmestre, Willy Demeyer. Je suis très heureux d’avoir pu, avec lui, contribuer à ce succès.

Me voici conseiller communal liégeois. C’est une charge qui m’honore mais dont je mesure la responsabilité. Comptez sur moi pour la remplir sans jamais rompre le contact avec vous. Et notamment à travers ce site qui demeure ouvert à vos commentaires…
 
Dieu, les élections et le PS
 
Dans Le Soir de samedi dernier, un éditorialiste écrivait en substance que si Dieu existait, il ferait en sorte que le PS soit sanctionné par l’électeur à l’occasion des communales. Il y aurait beaucoup à dire sur cette vision théocratique de la démocratie représentative, même lorsqu’elle est revêtue, comme ici, d’un vernis humoristique. 

Pour rester dans le ton de l’auteur, on pourrait constater que soit (a) Dieu n’existe pas – si j’en avais un, je parierais d’ailleurs mon chapelet que c’est ce que sera amené à conclure notre ci-devant agnostique éditorialiste samedi prochain… – ; soit (b) Il existe bien et, dans son infinie sagesse, Il a distribué les résultats du vote d’une manière soigneusement pondérée, cherchant à encourager les méritants et à faire un gros doigt aux autres sans pour autant les envoyer en enfer ni même au purgatoire. Je préfère m’en tenir à une séparation du temporel et du spirituel plus conforme à mes convictions démocratiques pour remarquer que, en matière de suffrage universel, la diabolisation d’un acteur est rarement efficace. La démocratie est affaire de Raison – et je dote à dessein ce mot de la majuscule que lui accordaient les Lumières – et la raison s’accommode mal des caricatures outrancières et autre réductionnisme. A trop insulter la capacité de discernement des électeurs, on risque de récolter le contraire de ce qu’on a semé.

A force de charger le PS de tous les péchés de la terre, de confondre (volontairement ?) les fautes inexcusables de certains mandataires et le fonctionnement systémique du parti, de suggérer que celui-ci est plus proche d’une organisation malintentionnée que d’un relais de la vie démocratique, on s’affranchit dangereusement de la vérité et on ne rend pas service à la démocratie. Certes, il serait commode de pouvoir ramener tout ce qui grippe, tout ce qui râpe, tout ce qui déconne dans le fonctionnement de notre régime représentatif à une seule famille d’acteurs (la plus grosse, inévitablement). On n’aurait plus à ce préoccuper du reste. Virez le PS, comme ça tout ira mieux : on éliminera les mandataires dévoyés, le conflit d’intérêt, les décisions inopportunes, les problèmes budgétaires, la hausse du prix de l’essence, les mauvais indices pluviométriques, que sais-je encore… Ce serait si facile : virez le PS et on n’aura que des sympas, des gentils, des gens-biens-quoi-enfin (bien cois ?) pour gérer nos institutions…

Loin de moi l’idée que le PS serait parfait ou même que des leçons ne doivent pas être tirées du dernier scrutin. Mais arrêtons de prétendre que d’autres formations le seraient, elles, parfaites. Forcément, par nature en quelque sorte. Cessons de faire semblant de croire que le régime démocratique lui-même le serait ; que, appliqués dans le plus strict respect de la lettre, ses principes et ses normes pourraient nous protéger des erreurs, des fautes et des dérives.

Car c’est aussi cela le civisme : éviter de déformer la démocratie, lui donner des proportions justes, sans exagération dans un sens ni dans l’autre.

Au final, je ne vois donc dans le résultat des élections communales aucune preuve de l’existence de Dieu (pas plus d’ailleurs que de son inexistence…). Je me contente d’y lire la volonté du peuple. Et d’y trouver une constante invitation à remettre en permanence nos idéaux et nos pratiques sur le métier démocratique, dans toutes les limites de notre humanité imparfaite.
Par Jean-Claude Marcourt - Publié dans : jc.marcourt
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