Partager l'article ! Liban : lEurope doit monter aux barricades: Ceci est mon premier blog. Même si j’aurais souhaité que cette première soit m ...
Ceci est mon premier blog. Même si j’aurais souhaité que cette première soit marquée par moins de gravité, il est d’autant plus important que le sujet est d’une terrible actualité.
La guerre – quel autre mot employer ? – qui vient d’éclater au Moyen Orient me fait l’effet d’une grande claque au visage. Du genre de celles qui vous font douter de la possibilité de voir le monde réellement avancer vers
Bon gré, mal gré, on avait le sentiment que les choses avançaient dans
C’était sans compter avec les franges les plus radicales du Hamas qui, cherchant manifestement à faire capoter tout compromis, ont choisi de provoquer Israël par une équipée guerrière sur son territoire et, clou de la razzia, l’enlèvement d’un soldat. C’était oublier un peu vite aussi la propension israélienne à ne pas en rater une pour rappeler sa supériorité militaire. C’était enfin perdre de vue le Hezbollah voisin qui s’abreuve depuis toujours à la stratégie du pire.
Le Sud Liban,
Mais le plus inquiétant, me semble-t-il, c’est de laisser ces trois-là se débrouiller entre eux. Que les Israéliens considèrent que le Hezbollah menace gravement sa sécurité est une chose – et une chose qui, j’y insiste, ne doit pas être minimisée : l’impressionnant arsenal de roquettes, missiles gyroscopiques et autres katiouchas rassemblé par les radicaux Chiites au Sud-Liban ne l’a pas été par hasard et à de quoi faire froid dans le dos. Qu’ils décident de régler le problème eux-mêmes en s’asseyant sur le droit international en est une autre. Mais que la communauté internationale –quoi que puisse ici signifier ce terme à géométrie variable … – laisse les belligérants s’affronter au détriment de centaines de vies innocentes et au mépris de la souveraineté d’une démocratie cruciale pour l’équilibre de cette partie du monde, une démocratie fragile et en faveur de laquelle cette même communauté internationale s’était engagée avec force au cours des derniers mois, voilà qui est intolérable.
Le Hezbollah doit être désarmé et Israël doit se replier derrière ses frontières. Ce sont les deux impératifs d’un règlement durable de la crise, règlement qui passe par le respect de l’intégrité territoriale du Liban et par le rétablissement d’un état de droit qui permette enfin aux différentes communautés libanaises de vivre en paix. Cela, comme l’indispensable établissement d’un vrai Etat palestinien, n’a aucune chance de voir le jour sans engagement courageux des grandes puissances.
Certes les freins à une telle solution sont nombreux et il n’entre pas dans mes intentions de les minimiser. Mais, dans un monde d’interdépendance, un monde où l’embrasement généralisé du Moyen Orient aurait des conséquences catastrophiques partout ailleurs (montée du radicalisme, flambée du pétrole, nouvelles vagues d’immigration …), l’attentisme actuel, en plus de cautionner les centaines de morts civils déjà recensées, me paraît constituer un facteur aggravant du conflit.
L’ONU est un voie importante, mais elle n’est pas
A condition bien sûr que chacun admette qu’il s’agit d’un chemin commun. Or rien n’est moins sûr : regarder les actualités de ce dimanche suffisait pour constater que les ministres allemands, français et anglais des Affaires avaient chacun choisi des itinéraires différents, au sens propre comme au figuré.
Pourtant, les institutions européennes offrent des outils à leurs Etats membres pour adopter une initiative conjointe et disposer ainsi d’une plate-forme commune à élargir ensuite à d’autres partenaires. Je pense en particulier aux Américains et aux Arabes. Les Américains parce que, en plein conflit diplomatique sur la nucléarisation de l’Iran, ils ont là une opportunité de faire comprendre à Amadinejab qu’ils ne toléreront pas l’expansion du totalitarisme chiite (quelque que soit par ailleurs leur responsabilité antérieure dans le développement de ce dernier …). Quant aux pays arabes, dont on aura noté l’extrême prudence jusqu’ici, ils ont tout intérêt à montrer à leur population qu’ils apportent la paix là où le radicalislamisme sème la guerre ; et ce sans pour autant céder à Israël.
Ma conviction est que
[1] La fin de l’Europe (Paris, Flammarion 2005) - Renaud Dehousse, liégeois, est directeur du Centre d’Etudes européennes de Sciences Po
| Février 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||||||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | ||||
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | ||||
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | ||||
| 27 | 28 | 29 | ||||||||
|
||||||||||