Partager l'article ! « Je suis un enfant de mai ’68 …»: Je partage aujourd'hui avec vous une interview donnée à Solidaris. Il paraît qu'on m'y découvre un p ...
Je partage aujourd'hui avec vous une interview donnée à Solidaris. Il paraît qu'on m'y découvre un peu plus...
Marcourt, l’homme politique, le ministre… on connaît. Mais qui est véritablement Jean-Claude ? Difficile de savoir, tant l’homme public est discret quand il s’agit de l’homme privé.
Aujourd’hui, Marcourt a bien voulu lever un coin du voile sur Jean-Claude.
Bien belle découverte : à côté du ministre, sérieux, bosseur, parfaitement maître de ses dossiers, il y a un ado devenu grand, marqué par mai ’68, bercé de musique rock, le sourire lumineux et le regard espiègle. Petit moment suspendu…
Que rêviez-vous de faire comme métier quand vous étiez petit ?
Je pense que ma maman aurait aimé que je sois médecin et petit je ne faisais rien qui aurait pu lui déplaire… Avec l’âge j’ai voulu être ingénieur et j’ai fait latin-math . Mais en rétho j’ai changé d’avis et me suis alors orienté vers le droit. J’ai fait ce métier avec beaucoup d’enthousiasme et aujourd’hui j’ai parfois une petite frustration de ne plus être avocat dans certains cas !
Un souvenir marquant à l’adolescence ?
Mai ’68 ! J’ai 12 ans et c’est très présent dans mes souvenirs : les manifestations étudiantes et ouvrières, ce sentiment de déstabilisation d’un pouvoir incarné par De Gaulle qui, jusque-là, avait l’air fort et indestructible et, face à cela, la puissance d’un mouvement social qui change la société… Après ça je suis rentré en humanités et j’ai vraiment senti que les choses bougeaient. Je suis un enfant de mai ’68 !
Quels posters tapissaient votre chambre à l’époque ?
Che Guevara, les Rolling Stones et des groupes de musique rock de l’époque… mais je n’ai jamais joué d’un instrument, même si j’avais des copains qui en jouaient… et je n’ai jamais chanté non plus, sauf dans une chorale quand j’étais en primaire, mais ça s’est arrêté là !
Justement, quelle musique écoutez-vous aujourd’hui ?
J’aime tout ce qui fait du bruit ! Dans beaucoup de styles : certaines musiques africaines, la musique brésilienne, mais j’aime surtout tout ce qui tourne autour de la musique rock, soul, blues… Otis Reding, les Rolling Stones. J’ai aussi eu ma période punk , je sais c’est difficile à croire maintenant ! Pendant longtemps je n’ai porté que jeans et veste en cuir. Même encore au début où j’étais avocat. A l’époque mon bureau était dans la maison de mes parents, je me souviens d’un client qui m’avait dit alors que j’ouvrais la porte pour le recevoir, « je voudrais parler à l’avocat » … il a eu du mal à croire que c’était moi !
Vous avez porté les cheveux longs ?
Oui, très longs… mais pas de piercing, ni de tatouage, je suis trop mauviette pour ça !
Avez-vous un coin de Liège privilégié où vous allez vous « ressourcer » ?
Quand les enfants étaient petits, j’allais me promener avec eux au Parc de la Boverie. J’aime marcher, en ville ou ailleurs, j’ai toujours alimenté la réflexion par la marche. La campagne ne me gêne pas, mais c’est vrai que je préfère la ville : pour moi New-York et Tokyo sont des endroits magnifiques !
Et je marche vite … il m’arrive de « semer » certains de mes collaborateurs, je ne vous dirai pas qui !
Plutôt télé, livres, théâtre ou cinéma ?
Livres ! J’adore lire et je lis tout ce qui tombe dans mes mains… le cinéma aussi, même si souvent, pour cause d’agenda chargé, j’opte pour les DVD…
Quelles personnalités, femme et homme, admirez-vous ?
J’ai une tendresse particulière pour Charlotte Hauglustaine , j’ai beaucoup d’admiration pour la lutte des femmes de la FN qui se sont battues pour l’égalité des salaires il y a 40 ans. Un combat qui est toujours d’actualité aujourd’hui. Et puis Mahatma Gandhi est certainement quelqu’un d’exceptionnel : dans un monde ultraviolent comme le nôtre, rappeler que la force des idées peut supplanter toutes les forces armées est essentiel.
Une qualité que vous n’avez pas et que vous aimeriez avoir ?
Je suis probablement trop solitaire, j’ai du mal à donner facilement ma confiance aux autres, mais une fois qu’on l’a c’est pour de bon…
Qu’est-ce qui vous fait rire et qu’est-ce qui vous exaspère ?
La bêtise m’est intolérable, pas la « non intelligence », mais les cons, ça oui ! Par contre, tout peut me fait rire, surtout le fait de ne pas se prendre au sérieux… Il faut faire les choses avec sérieux, mais ne pas se prendre au sérieux. Vous savez, dès qu’ils en ont l’occasion, je sais que mes collaborateurs rient à mes dépens, et c’est très bien ainsi !
Votre fille vient d’avoir 20 ans et votre fils en aura bientôt 16, quel avenir leur souhaitez-vous ?
Je n’ai pas peur de la société qui évolue, mais quand on est parent on se demande comment faire pour que nos enfants puissent avoir ce qu’on voudrait de mieux pour eux. Je crois qu’il faut leur donner l’opportunité de trouver leur voie pour qu’ils puissent s’épanouir… et, j’avoue que, malheureusement, le côté exposé de la politique dans lequel je suis est parfois difficile à vivre pour eux…
Propos recueillis par Bérangère Lhomme
Solidaris Magazine n°3/mai 2009
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