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Vendredi 4 mai 2007 5 04 /05 /Mai /2007 15:23
En cette veille d'élections fédérales, le mensuel "Rouge métal" a organisé une interview croisée avec Francis Gomez, Président de la FGTB Métal Liège-Luxembourg. Je retranscris ici l'interview, afin de faire profiter les internautes de cette discussion engagée.
 
Rouge Métal : Que pensez-vous des candidats d’ouverture sur les listes, notamment sur celle du PS ?
 
FG : Rien ne me choque même s’il y a des surprises sur la liste PS comme la présence de François Martou du MOC qui fut longtemps un adversaire syndical, car proche de la CSC. Cela correspond peut-être à la réalité selon laquelle des chrétiens votent socialiste. Par contre, à Liège, je ne peux que me réjouir de la candidature d’Annie Massay qui fut longtemps une militante syndicale. Au-delà des personnes, c’est le programme du PS qui doit nous interpeller. On peut à cet égard se poser des questions comme à propos du pouvoir d’achat des travailleurs. Je ne pense pas qu’il doive se régler par une adaptation de la fiscalité.
 
JCM : Notre vocation est de rassembler le peuple de gauche. Nous somme le seul parti au Parlement qui se revendique de gauche. Nos liens sont évidemment indéfectibles avec la FGTB et les Mutualités socialistes mais nous devons aller au-delà de ce choix d’affiliation. La démocratie n’a rien à gagner avec des personnes à qui l’on injecte intensivement des notions de programme et d'idéologie. En ce qui concerne, François Martou, il adhère au PS, parce qu'il pense comme nous que nous sommes bien le seul parti progressiste. Et dans ce cas de figure, les travailleurs d'obédience catholique, avec des idées de gauche, sont les bienvenus chez nous. Par ailleurs, je ne dis pas que le pouvoir d'achat des bas revenus doit être relevé par la fiscalité. Simplement, le taux de prélèvement obligatoire sur les bas revenus est trop élevé. Telle est ma vision d'une fiscalité équitable. Celui qui paie des impôts alors qu'il ne touche que 900 euros par mois est dans une situation inéquitable.
Rouge Métal : Que retenir de la visite à Liège de Lakshmi Mittal voici deux mois ? Son arrivée a-t-elle changé les relations sociales ?
JCM : Mittal est resté à Liège beaucoup plus longtemps que prévu. C'est un vrai industriel. Il a lui-même décidé d'aller visiter Chertal. C'est un signe. Qui dit quoi ? Nous verrons bien. Il ne faut pas donner de faux espoirs aux gens même s'il est clair que la situation a évolué depuis l'annonce de la fermeture du chaud en 2003.
FG : Le dialogue social est renoué, et ce, à la demande formelle de Lakshmi Mittal.
La tripartite associant la Région wallonne à la négociation n'est donc plus nécessaire. Le pouvoir politique constitue un appui réel, mais il n'est pas nécessaire de brûler toutes ses cartouches d'un seul coup. Liège retrouve une certaine existence même s'il est clair que l'épuration menée par les Français d'Arcelor voici quelques années n'a pas encore cessé ses effets. Nous manquons toujours de responsables wallons. Dès le lendemain des accords de 2003 sur la fermeture et le redéploiement, nous avons demandé le maintien des hauts-fourneaux. J'ai entendu dire que des hauts-fourneaux de Bosnie appartenant à Mittal étaient remis en activité. Je ne vois pas pourquoi Liège ferait moins bien qu'eux.
JCM : II est primordial que le dialogue social ait été rétabli, ce qui ne veut pas dire que la Région wallonne est hors jeu. Nous restons actionnaires du sidérurgiste sans qu'une vente de nos parts soit pour l'heure un sujet de réflexion. Le retour aux réunions bipartites démontre bien que le climat social se veut aujourd'hui plus serein.
FG : Dès qu'il y a dialogue social et que la situation de la sidérurgie se stabilise, nous ne sommes pas fondamentalement opposés à une utilisation des fonds qui pourraient être récoltés par une cession. La participation régionale a été utile en son temps et la Région a posé un geste fort en ne cédant pas ces parts dans le cadre de l'OPA lancée par Mittal sur Arcelor. Toutefois, nous ne pouvons pas être inattentifs à dégager des moyens spécialement pour l'emploi desjeunes. Je rappelle également qu'en Flandre, Sidmar est beaucoup moins entendu qu'avant. Parce que le gouvernement flamand n'a plus aucune part dans le groupe sidérurgique ? C'est une piste, sans nul doute.
 
 
Rouge Métal : Parler redéploiement, c'est parler de l'avenir, donc de l'emploi des jeunes...
JCM : II subsiste un cruel déficit dans les filières techniques et scientifiques. Il faut savoir que 94% des jeunes qui ont suivi un enseignement professionnel décrochent un emploi dès la sortie de l'école, si pas avant ! Il faut en finir avec toute culpabilisation à ce niveau. Nous allons prochainement mener une expérience de coaching des jeunes dans la région de Tournai et de Mouscron. Il s'agira d'accompagner les jeunes qui débarquent au Forem. Des emplois existent. Le taux d'embauche n'a jamais été aussi fort dans tous les secteurs, y compris dans les fabrications métalliques qui, pour rappel, engagent de nouveau. Alors oui, il y a le tiers secteur qui est en plein boom, comme la logistique à Liège. Mais la sidérurgie est loin d'être enterrée. Attention : je ne dis pas comme certains qu'il y a des jobs pour tous, ou que je vais créer 200.000 emplois. Mais il existe des raisons d'espérer et, surtout, de bouger.
Rouge Métal : ... ou de faire bouger les chômeurs, en les contrôlant par exemple ?
JCM : Le contrôle des chômeurs est une mauvaise chose. Il faut prendre le problème à la base, créer des interactions plus fortes entre l'entreprise et l'école, les partenaires sociaux et le monde politique, pour œuvrer dans le même sens. L'emploi remonte, continuons.
Rouge Métal : qu'en est-il de l'emploi étranger ?
 
JCM : II reste marginal en Wallonie même s'il existe dans certains métiers en pénurie. L'Europe centrale fournit de la main-d'œuvre, c'est certain. Que l'on arrête cependant de croire que ces gens de Pologne ou d’ailleurs viennent voler du travail aux Belges. C'est, on ne peut plus faux. Il n'y a pas de concurrence entre les travailleurs.
FG : II faut effectivement être très clair à cet égard pour ne pas créer un climat d'ostracisme à rencontre des étrangers et alimenter le terreau de l'extrême droite. Je suis bien placé pour en parler, car je suis ce qu'on appelle un « un enfant de l'immigration». Quand les Espagnols ou les Italiens ont débarqué en Belgique, c'était parce que plus personne ne voulait aller se tuer dans les mines. Arrêtons les clichés, les préjugés.
JCM : Ne jamais oublier que l'immigration amène de la multiculturalité, et ça, c'est un cadeau extraordinaire.
 
Rouge Métal : la Wallonie souffre-t-elle encore d'un déficit d'image ?
 
JCM : II n'y a pas plus de grèves en Wallonie qu'ailleurs, bien au contraire. Un investisseur étranger vient de choisir la Wallonie après avoir étudié les statistiques des grèves en Europe. La Wallonie n'est pas le plus mauvais élève, loin de là. J'ai toujours été favorable à la liberté des travailleurs de se croiser les bras mais il ne faut pas se tromper de destinataire. Quand les Tec font grève, qui en pâtit ? Les petites gens, ceux qui ne savent pas se déplacer autrement. En termes d'image, l'effort doit être collectif. Mais jamais je remettrais en cause le droit de grève qui est, à mes yeux, immuable. Il doit simplement aller de pair avec une certaine responsabilité. Je le redis donc : aucune paix sociale n'est à acheter.
 
FG : L'impact des grèves d'aujourd'hui a sensiblement changé. Il est souvent disproportionné en raison de l'évolution des flux de production. Arrêtez le travail une heure, et c'est tout le mécanisme du « just in time » qui se dérègle. L’organisation du travail a donc changé. Mais la politique des relations sociales ne s'y est pas adaptée, que ce soit dans le privé ou dans le public. Dans 95% des cas, les conflits au TEC surgissent après des atteintes à l'intégrité physique des chauffeurs. A force de parler de gréviculteurs, le ministre des Transports, André Antoine (CDH), court le risque de voir des dizaines de cars de manifestants à sa porte.
Plus généralement, il n'y a pas plus de grèves en Wallonie qu'ailleurs. Des actions doivent être menées sur la manière de s'exprimer à l'extérieur. Et pour ça, les syndicats n'ont besoin de personne, ils peuvent communiquer aussi efficacement que n'importe qui. Cela dit, l'organisation syndicale doit conserver son rôle critique.
 
JCM : C'est toute la problématique de la nouvelle donne économique : les directions sont aujourd'hui à l'étranger, plus en Wallonie. Ils cernent donc moins le terrain. Sans oublier l'influence des médias : quand AGC Automotive est parti au combat la première fois, on ne voyait que l'image du brasero dans toute la presse. « On » en a fait un conflit dur.
Aujourd'hui, alors que l'entreprise vit de nouvelles heures difficiles, les syndicats ont choisi le dialogue. Cela n'intéresse plus les médias. L'arbre qui tombe fait toujours plus de bruit que l'herbe qui pousse.
Rouge Métal : M. le ministre, d'aucuns vous voient ministre-président après le 10 juin ?
JCM : Je suis très bien où je suis. Il n'y a pas de tâche supérieure à celle de redévelopper et d'assurer l'avenir de l'économie wallonne.
Par Jean-Claude Marcourt - Publié dans : jc.marcourt
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Jeudi 3 mai 2007 4 03 /05 /Mai /2007 13:53

Pendant que nous avons tous les yeux tournés vers la France, l’actualité au Moyen-Orient apporte tous les jours son lot de morts et d’horreurs et il ne faudrait pas qu’on l’oublie. D’autant que, parmi toutes les nouvelles, une spécialement vient attester de manière particulièrement évidente de l’échec de la politique de force en Irak

 

Cette nouvelle c’est l’insistance de l’armée américaine pour construire, à Bagdad, un mur encerclant un quartier sunnite de la ville, afin de le protéger des incursions possibles des voisins chiites. Qu’après quatre ans d’occupation militaire et de violences atroces de tous les côtés, on en vienne à enfermer les quartiers dans des murs, comme s’ils étaient des prisons, en dit long sur l’ampleur de l’échec américain. D’autant que, pour une des toutes premières fois, non seulement le Premier Ministre Maliki mais aussi le Président Talabani se sont ouvertement désolidarisés de leur allié et refusent la décision de l’armée. Personne d’ailleurs, à Bagdad, ne semble vouloir de ce projet hormis les forces d’occupation. En effet, ceux-là mêmes qui devraient se retrouver protégés par le mur en question, les habitants sunnites du quartier d’Adamiyah, manifestent à répétition contre sa construction.

 

Mais par-delà le contexte irakien, cet événement est lourdement symbolique du monde tel que le voient les conservateurs américains (et aussi, souvent, les conservateurs européens, il faut bien le dire) : des murs, il s’en construit aujourd’hui partout. En Palestine, bien sûr, cicatrice visible des souffrances de cette région du monde ; mais aussi à la frontière américano-mexicaine, le Rio Grande n’étant évidemment pas suffisant pour empêcher la pression migratoire vers « El Norte ». Et surtout, comment ne pas penser, dans un autre registre, aux murs de ces « villes privées » qui poussent comme des champignons, en Amérique du nord et en Europe et où se réfugient les riches retraités blancs qui fuient la promiscuité avec les pauvres, les noirs, les latinos… et les enfants !

 

Car au fond, tous ces murs sont de même nature. Ils témoignent de la peur des sociétés riches – et surtout de leurs membres les plus aisés – devant la revendication des plus démunis. Si on ne réagit pas, demain, ces murs de toutes sortes remplaceront progressivement les politiques sociales. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : au moment où, de tous côtés, les politiques conservatrices mettent en cause la solidarité collective, au moment où reprend vigueur le discours thatchérien sur « la société qui n’existe pas », c’est la ségrégation spatiale qui s’impose comme mode de gestion des relations entre les gens : ici les noirs, là, les blancs ; ici les pauvres, là les riches ; ici les sunnites, là, les chiites… et ainsi de suite ad nauseam.

 

Au moment où le « mur de séparation » devient le symbole le plus évident d’un délitement possible de notre civilisation, ne faudrait-il pas demander à l’Amérique de se souvenir qu’il fut un temps, pas si lointain, où ses hommes politiques les plus populaires se battaient eux-mêmes contre les murs ? Qui n’a en mémoire le « Ich bin ein Berliner » de John Fitzgerald Kennedy le 26 juin 1963 ? Bien sûr, avec le temps, on a peut-être un peu romantisé cette époque. Il n’empêche. Cette Amérique-là, aujourd’hui, me manque comme elle manque sans doute à beaucoup d’autres, là-bas comme ici, et il serait temps qu’elle revienne.

Par Jean-Claude Marcourt - Publié dans : jc.marcourt
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Lundi 30 avril 2007 1 30 /04 /Avr /2007 16:37
Un premier mai léger de la brise du printemps, fier du souvenir de nos anciens et grave de nos combats à venir. Un premier mai de mémoire et de fidélité car rien ne doit être oublié des efforts, des peines et des sacrifices de ceux qui sont venus avant nous. Un premier mai d’espoir, tant l’avenir dépend de nos choix et de notre détermination quoiqu’en disent les (dés) illusionnistes de tout acabit. Un premier mai de volonté aussi parce que, si les luttes se transforment, elles réclament encore le même sacré courage de chacun d’entre nous et de nous tous ensemble.

Je vous souhaite un premier mai tourné vers demain. Un demain qui nous appartient : à nous de le créer ouvert, dynamique, joyeux et prospère. A nous de le construire respirable pour nos enfants et accueillant aux enfants des autres. A nous de l’appuyer sur les valeurs de qualité et d’innovation qui sont la marque de fabrique de notre Région depuis des générations et des générations. A nous de l’exiger stimulant et libre, de cette liberté qui n’asservit pas la plupart à l’appétit du luxe de quelques uns mais qui s’attache à rendre chacun plus fort.

Je vous souhaite un premier mai qui tourne le dos à tous les porte-drapeaux de l’état négatif confirmé ; aux réactionnaires qui pensent qu’en vouant aux Gémonies l’héritage de 68, ils restaureront l’ordre mythique de leurs fantasmes enfouis ; aux protestataires qui salissent les autres pour se décréter vertueux ; aux velléitaires qui se trompent et nous abusent par leurs analyses et leurs expertises trop courtes.

Je vous souhaite surtout un premier mai curieux, à la recherche de toujours plus de savoirs et de savoir-faire dans tous les domaines de votre vie et dans toutes les dimensions de votre travail ou de votre recherche de travail, de votre apprentissage ou de votre formation. Un premier mai de savoir pour un premier mai de progrès. Et un premier mai de progrès pour que respect et solidarité soient nos valeurs de tous les jours.
Par Jean-Claude Marcourt - Publié dans : jc.marcourt
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Jeudi 26 avril 2007 4 26 /04 /Avr /2007 10:22

TSS

TSS ?
 
C’est bien connu. Ce qui va mal en Wallonie, c’est la faute du PS. Ce qui ira mieux demain, ce sera grâce aux libéraux. L’antienne n’est pas neuve (façon de parler) et a toujours son petit succès. Après que Didier Reynders ait remis le refrain au goût du jour, avec ce qu’il faut de méchanceté dans le ton pour le rendre crédible, Serge Kubla s’est chargé du premier couplet. Sur l’air du gouvernement d’union nationale anti-socialiste! Et voilà qu'aujourd’hui, c'est Daniel Ducarme qui reprend la sérénade, façon Hugh Grant de Thuin dans un Come back made in Schaerbeekywood. Du easy listening comme on a toujours su en faire à droite : la catastrophe, ce sont les socialistes qui nourrissent le chômage et conduisent la fonction publique à l’inflation; c'est ça le mal wallon, waouwaouah.
 
En France, TSS signifie Tout Sauf Sarkozy. En Wallonie, c’est Tout Sauf les Socialistes. La différence, c'est que dans le premier cas, il s'agit d'un mouvement spontané et populaire et dans le second, de politique communicationnelle. Celle qui se fait à coup de déclarations péremptoires et de slogans chocs. Celle qui réduit le débat d'idée et l'évaluation des politiques à des formules marketing.
 
Le plus intéressant dans tout ça, c’est généralement d'identifier les motivations profondes, de comprendre le pourquoi de cette stratégie. Pourquoi ces attaques frontales, ces mises en cause ad hominem de mandataires et de militants dont certains ont certes déconnés mais dont l’immense majorité est intègre et s’implique au quotidien pour garantir l’intérêt public et faire avancer la Wallonie ?
 
Quelques années de pratiques de la vie politique m'ont appris que, en matière de communication politique, il est souvent intéressant de regarder dans la direction opposée à celle que montre le doigt...C'est pourquoi, j'aurais pour ma part tendance à avancer comme explication de cette hargne communicationnelle le fait que, précisément, la Wallonie... va mieux ! Et même de mieux en mieux.
 
Y a-t-il meilleur démenti à la ligne tactique du MR que le Point conjoncturel rendu public hier par l’Union Wallonne des Entreprises, une organisation dont on conviendra qu’elle n’est pas nécessairement proche du Parti Socialiste. Il s'agit d'une sorte de bilan de santé semestriel de l'économie wallonne basé sur une analyse rigoureuse des chiffres ainsi que sur une enquête menée auprès des chefs d’entreprise. Selon cette publication, les signes objectifs d’une relance de l’économie wallonne – et notamment d’un fléchissement significatif du chômage – sont on ne peut plus clairs. Et l’UWE va plus loin : si la Wallonie va mieux et peut raisonnablement s’estimer entrer dans une phase d’expansion du cycle économique (titre de la publication !), c’est largement grâce aux politiques menées ces dernières années et, en particulier, au plan Marshall ainsi que l’a déclaré Vincent Reuter, Secrétaire Général de l’UWE.
 
Il y a fort a parier que ce sont ces faits qui rendent le MR nerveux et l'incitent à dissimuler le redressement wallon dans le brouillard de leurs invectives (notamment, fait significatif, lorsque ces indicateurs positifs sont évoqués à la RTBF par Elio Di Rupo). C'est ça, l'information qu'il faut minorer à coup d'attaques frontales : la Wallonie peut être performante sans le MR. Car si les socialistes sont capables de mener une politique volontariste de réforme et d’efficacité économique en Wallonie – et de le faire, à la différence des libéraux, en maintenant voire en améliorant les mécanismes de solidarité –, comment la droite libérale pourra-t-elle encore espérer se profiler sur son segment de marché?
 
Vu comme ça, on peut comprendre que M. Reynders perde son sang-froid. 
 
 
Par Jean-Claude Marcourt - Publié dans : jc.marcourt
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Lundi 23 avril 2007 1 23 /04 /Avr /2007 14:37
Le premier tour de l’élection présidentielle vient de rendre son verdict : c’est un duel « classique » gauche-droite qui va présider au second tour. Et les guillemets, en l’occurrence, ont toute leur importance.
 
Parce que d’un côté, Sarkozy incarne une droite attrape-tout certes, ce qui n’est pas nouveau, mais aussi décomplexée, désinhibée, une droite qui revendique la dualisation de la société, qui classe les citoyens au faciès, qui classifie génétiquement. Une droite du marche ou crève. Une droite du mépris de tout qui ne pense pas comme elle ou plutôt de tout qui a le front de penser, a fortiori si c’est autrement qu’elle.
 
De l’autre côté, du nôtre, passé le soulagement de la non répétition du syndrome du 21 avril (2002), la qualification de Ségolène Royal au second tour est plus que jamais une nécessité. Nécessité parce que la gauche et plus particulièrement le socialisme se devaient d’être acteurs de ce rendez-vous majeur, pour la France comme pour l’Europe. Mais nécessité aussi parce que, sans forcément adopter toutes ses prises de position, je pense que Ségolène Royal a le mérite absolu de moderniser le message socialiste et les pratiques qu’il sous-tend. Et que cette modernisation est non seulement compatible avec le respect et la promotion de nos valeurs mais surtout qu’elle indispensable à cela.
 
Je ne le cache : j’adhère sans réserve à la méthode Ségolène alors qu’il n’en est pas de même pour l’entièreté de son programme. Mais sur le fond aussi, il n’y a pas photo avec Sarko qui, chez nous, est présenté par d’aucun comme un modèle de retenue et de respect. Puisque passer la racaille au Kärcher – entreprise qui a demandé de ne plus être assimilée à cette situation, on la comprend et c’est tout à son honneur -, c’est, si j’ai bien entendu le président du MR, une manière de s’exprimer bien en deçà de ce qui se dit dans « ces  quartiers-là », avec la condescendance de service.
 
Quel que soit l’intérêt que nous y portions, la présidentielle française ne fera pas les législatives en Belgique. Le type de scrutin est différent, les rapports de force aussi mais, fondamentalement, les enjeux sont les mêmes. Et, je le pense profondément, la responsabilité des gens de gauche identique. Sans garde fou, sans pression et action permanentes, sans intervention volontaire et volontariste, la société des hommes est porteuse d’inégalité(s), d’intolérance, de violence, d’exclusion.
 
Notre engagement, c’est précisément de combattre tous ces facteurs de délitement du lien social. Nous devons au contraire lutter pour la cohésion, pour l’émancipation, pour la solidarité, pour l’égalité.
 
Ségolène, en modernisant la méthode, arrime ces valeurs. Est-ce que cela suffit pour lui ouvrir une voie royale, certainement et hélas pas.
 
Une chose, par contre, est certaine : le président de l’UMP se fondra sans problème dans les habits d’un tsar, garant des intérêts de sa caste. Mais il ne sera jamais un tsar cosy. L’histoire, d’ailleurs, a montré qu’il n’en était jamais ainsi.
Par Jean-Claude Marcourt - Publié dans : jc.marcourt
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