Mardi 28 octobre 2008
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Ce week-end, je répondais aux questions de "La Libre Essentielle" sur le thème des métamorphoses.
Interview différente de ce que vous pouvez lire d'ordinaire... Pour ceux qui l'auraient ratée, je la retranscris ci-dessous. Bonne lecture.
Qu’est-ce que le mot métamorphose évoque chez
vous ?
Le changement. La chrysalide devenant papillon. L’adolescent qui entre dans l’âge adulte. Un mouvement
vers la réalisation de soi. La métamorphose n’est pas un départ : elle porte en elle les valeurs de l’origine. Une belle image de la métamorphose est montrée dans Le Guépard, ce
film de Visconti où l’on suit une famille, un village et une région passer du monde féodal à la modernité.
La politique fait-elle bon ménage avec la
métamorphose ?
La relation est délicate, mais il n’y a pas de raisons pour le politique de la craindre. L’important,
c’est le « comment » vous vous transformez. Vous grandissez de quelques certitudes, d’engagements et de valeurs, mais rien n’empêche ceux-ci d’être remis en cause, discutés ou modifiés.
Il ne s’agit pas de mensonges ou de trahisons, mais de s’adapter sans renier ce que l’on est.
Le pouvoir vous a-t-il métamorphosé ?
La fonction m’a métamorphosé, pas la politique. J’étais un technicien, responsable de divers cabinets
qui, d’un coup, a été appelé à s’ouvrir. C’était assez pénible au départ car on est réfractaire au changement. On a très peur de donner une fausse image de soi. De quelque chose de pénible, je
suis arrivé à quelque chose d’assez agréable. C’est une question de confiance en soi. Le regard de l’autre, vos proches, au bureau, en famille, est important car vous ne vous voyez pas changer.
On ne se métamorphose pas seul.
On évoque la métamorphose de la Wallonie. Pourquoi aujourd’hui
et pas il y a quinze ans ?
La part de résistance au changement que l’on porte en soi se retrouve au niveau d’une société. Après
avoir été la seconde puissance industrielle d’Europe, la Wallonie a été confrontée à un changement qu’elle n’a pas su affronter. C’est un peu comme dans l’histoire où le vieux refuse de
disparaître et où le jeune refuse de naître. On hésite, puis on prend peur, et on se renferme sur soi. La Wallonie essaie aujourd’hui de sortir de cette attitude. Le mouvement est initié par
divers acteurs : politiques, culturels ou économiques. Ce mouvement réclame une prise de conscience collective pour que l’on puisse parler de métamorphose. Ce qui est intéressant, de
nouveau, c’est le regard de l’autre. Les observateurs étrangers relèvent un élan, des résultats encourageants et des perspectives. Ce regard extérieur ne peut qu’encourager la confiance et
pousser la mutation.
Interview : René Sépul
La Libre Essentielle p. 16, 26-26/10/2008