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Madame la Ministre,
Monsieur le Commissaire,
Mesdames, Messieurs,
C’est pour moi un honneur de clôturer cette conférence consacrée à l’économie Eco-efficiente. Les changements climatiques, la crise économique et financière, les évolutions démographiques ou encore la raréfaction des ressources impliquent une mutation profonde des modes de production. Votre rencontre a mis en évidence les pratiques positives de nombreuses entreprises dans ce domaine.
Je tiens à féliciter la présidence suédoise pour les avancées dans la réflexion sur une production et des modes de production durables. En particulier, en ce qui concerne le conseil compétitivité – filière industrie, ce thème est d’autant plus ardu qu’il doit être envisagé dans un contexte de crise économique.
La crise alourdit certes les défis. Elle présente aussi, comme s’est plu à le rappeler le Commissaire Verheugen à Uméä, des opportunités. Le changement n’est plus simplement souhaitable, il est indispensable. L’adaptation au changement, dans les domaines technologiques, économiques et sociaux, est au cœur de notre réflexion commune. Elle implique que l’on prenne en compte toutes les dimensions des restructurations et des mutations industrielles.
L’Union européenne est au centre de ces changements et de leur gestion durable. De nombreux outils contribuent déjà au passage de notre industrie actuelle vers une industrie durable, en facilitant notamment les investissements dans l’éco innovation et en encourageant le développement du potentiel des entreprises européennes. C’est le cas de l’Initiative des Marchés porteurs dont nous a parlé la représentante de la Commission cet après-midi ou encore, de la Banque européenne d’Investissement. J’y reviendrai.
Pour les entreprises, changer, c’est se différencier, c’est intégrer des nouvelles technologies, des nouveaux modes d’organisations, de nouveaux partenariats, de nouveaux modes de production. Changer implique une réflexion quant aux relations avec les pouvoirs publics, avec le monde de la recherche, de l’enseignement et de la formation, et avec toutes les entreprises, y compris les sous-traitants et les fournisseurs, de toutes tailles et de tous secteurs.
En ce qui concerne l’industrie, notre présidence, au deuxième semestre 2010, s’intégrera à l’implémentation de la Stratégie de Lisbonne renouvelée. Le fil rouge en sera la dimension externe de la compétitivité.
Nous mettrons l’accent sur le développement d’une politique industrielle durable en intégrant très certainement les réflexions menées au cours de la présidence suédoise et de la présidence espagnole. Ainsi, au cours de notre présidence, nous organiserons avec le président du Conseil Energie, une conférence sur le thème de l’Industrie et de l’Energie où seront abordés des thèmes qui suscitent encore des débats, pour ne pas dire parfois des controverses, au sein de l’Union européenne. S’il y a une large unanimité pour reconnaître l’importance des enjeux, il reste des divergences sur les moyens à mettre en œuvre pour que l’industrie contribue effectivement aux objectifs en matière de changement climatique.
En ce qui nous concerne, nous serons très attachés à ce que l’accent soit mis sur les petites et moyennes entreprises ainsi que sur les politiques de clustering. Ces politiques sont essentielles tant aux niveaux régional, national qu’international. Pour renforcer notre potentiel d’innovation et de création d’activités, il est important de mettre en réseau l’ensemble des acteurs économiques et de la recherche. Sur la base des expériences menées dans différents pays, nous avons mis en œuvre en Région wallonne, une politique de macro-clusters ou de pôles de compétitivité dans des domaines économiques spécifiques. Lors de la Conférence ministérielle sur les clusters à Paris, le 14 novembre 2008, les pays européens ont marqué un intérêt certain à la politique mise en œuvre en Région wallonne. Le représentant du Royaume-Uni, Monsieur Mark Gibson, insista « sur le rôle de modèle pour l’Union européenne que constituait la politique menée par le Ministre Marcourt, qui allie mécanismes du marché, accompagnement ciblé des pouvoirs publics et excellence ». Estimant que la politique menée en Région wallonne était la bonne, il a poursuivi en estimant que l’excellence devait être le fil rouge de la politique européenne de clustering.
La Commission se préoccupe d’initier une politique de clustering au niveau européen et s’est donné comme objectif de faire émerger des clusters européens. Sur la base de notre expérience, nous aimerions contribuer au débat et apporter notre pierre à l’édifice dans le cadre de la Présidence belge.
En ce qui concerne l’innovation, la publication de l’Innovation Plan et la révision à mi-parcours du Small Business Act, seront autant d’occasions de traiter des questions cruciales pour les PME, comme l’accès aux financements, l’accès aux marchés publics ou encore à la simplification administrative.
L’innovation sera au cœur de notre réflexion. Je songe en particulier à l’éco-innovation. Le conseil informel de la mi-juillet sera consacré à cette matière. Une session conjointe avec les Ministres de la Recherche devrait permettre une vision plus articulée avec la politique de recherche. Sous notre présidence, aura lieu la troisième grande conférence INNOVA, à Liège, à la fin du mois d’octobre 2010. Enfin, notre réflexion sur l’innovation tiendra compte des travaux menés, en Belgique, par les comités consultatifs économiques et sociaux. Une conférence sur le thème de l’innovation ouvrira notre présidence, en prélude au conseil informel. Elle se déroulera au Conseil économique et social européen.
La présidence belge en matière d’industrie intégrera également de manière nette les préoccupations liées aux restructurations structurelles et conjoncturelles. En particulier, nous serons particulièrement attentifs à la gestion des transitions tant sur le plan de l’emploi et des compétences, que sur le plan de l’accès aux résultats de la recherche. Nous veillons dès aujourd’hui à ce que le nouveau plan européen de l’innovation tienne compte des enjeux sociétaux. Nous serons très attentifs à ce que le plan intègre l’éco-innovation. L’innovation nécessite une approche plus intégrée, moins cloisonnée, qu’elle ne l’est actuellement.
L’Initiative des Marchés porteurs devra être évaluée de manière régulière afin d’anticiper les évolutions des marchés d’un point de vue sectoriel. Aujourd’hui, les Etats membres ont une visibilité trop faible de cet élément clé de la politique communautaire.
Enfin, aucune politique d’innovation ne pourra être déconnectée de Small Business Act et la cohérence avec cet outil de carage essentiel pour les PME, sera une préoccupation centrale.
Les dimensions sectorielles et régionales seront des axes de notre action. Elles nous amènent d’ailleurs à envisager la notion de « bassins industriels durables » et le lien entre la grande entreprise et les entreprises, souvent de plus petite taille, qui gravitent autour d’elle dans un bassin. Une politique industrielle durable doit nécessairement allier croissance économique et emplois de qualité. L’un ne va pas sans l’autre.
Je vous remercie de votre attention
Le lien vers le site (et cette conférence) de la présidence suédoise >>>
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