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Jeudi 2 avril 2009 4 02 /04 /Avr /2009 09:57

 

Des eurodéputés ont réclamé ce 31 mars la fin du secret bancaire en Europe en 2014 au plus tard afin d'enrayer une fraude fiscale estimée à quelque 200 milliards d'euros par an.

 

La commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen a suivi les propositions de l'eurodéputé socialiste Benoît Hamon sur la révision de la fiscalité de l'épargne.

 

"Le maintien du système opaque de retenue à la source dans quelques Etats membres et le manque de coopération entre les administrations fiscales encouragent l'évasion fiscale. Le scandale des comptes secrets de contribuables allemands au Liechtenstein en est une illustration récente", déclare Elisa Ferreira, porte-parole du groupe socialiste pour les Affaires économiques et monétaires.

 

"Alors que des sommes colossales ont été investies par les pouvoirs publics pour sauver les banques, il est logique d'attendre en contrepartie de la part des banquiers qu'ils aident les Etats de l'Union à récupérer l'impôt que la fraude fiscale leur soustrait", fait valoir Benoît Hamon.

 

On estime à environ 200 milliards d'euros par an le coût global de l'ensemble de la fraude fiscale pour les administrations fiscales européennes.

 

"Cette contrepartie effective commence par la généralisation de l'échange automatique d'informations", ajoute le député français.

 

"Nous proposons en outre que toutes les personnes morales y compris les fondations ou les Trusts paient cet impôt, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui", précise M. Hamon.

 

"Pour en être sûr, nous avons listé les entités et constructions juridiques à qui nous demandons de démontrer qu'elles s'acquittent bien de l'impôt sur les revenus tirés de l'épargne. Nous identifions en outre les juridictions qui abritent ces entités", ajoute l'eurodéputé.

 

"Si l'Europe veut être plus efficace contre l'évasion fiscale, il faut en outre que tous les revenus issus de placements financiers soient soumis à la fiscalité de l'épargne. Je regrette que la droite s'y soit opposée aujourd'hui. le Groupe socialiste reviendra à la charge sur ce point en vue du vote final du Parlement européen prévu au cours de sa session plénière du 21 au 24 avril", conclut Benoït Hamon.

Par Jean-Claude Marcourt
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Mardi 31 mars 2009 2 31 /03 /Mars /2009 12:47

Le parti socialiste a dévoilé dimanche la liste de ses candidats pour le Parlement européen. Voici le discours que j’ai prononcé à cette occasion. Il résume, je pense, assez bien les enjeux que pose cette élection. Je vous en souhaite bonne lecture.

 



Mes chers camarades,

 

Permettez-moi d’abord de vous dire le bonheur que je ressens de prendre la parole, pour la première fois, à la tribune d’un congrès de notre parti.
Et la fierté de le faire en tant que tête de liste socialiste aux élections européennes. Je mesure pleinement l’honneur qui m’est fait de représenter le parti partout en Wallonie et à Bruxelles. Et je demande à chacun d’entre vous de vous joindre à ma campagne ; c’est en effet ensemble que nous gagnerons ce rendez-vous crucial pour le PS que sont les élections régionales et européennes du 7 juin.

 

Ces élections arrivent à un moment critique pour l’Union Européenne. La crise libérale, qui a commencé par une crise bancaire et financière, s'est étendue aujourd'hui à l'ensemble de l'économie réelle ;

 Et elle menace des millions de travailleurs et d'entreprises.

 

Cette crise n'est pas le fruit du hasard et de la fatalité. L'œuvre de dérégulation, de financiarisation de l'économie, de privatisation et de libéralisation incontrôlée menée par la droite, notamment en Europe, est à la source du véritable désastre que nous vivons aujourd'hui.

 

La droite libérale nous disait qu'il fallait laisser-faire la main invisible du marché.

 La main invisible, nous en voyons aujourd’hui la marque. nous constatons les dégâts qu’elle produit.

 

Dans la sphère financière, on a vu fleurir des produits financiers de plus en plus complexes, tellement complexes qu'ils en sont incompréhensibles.

 

Puis ce fut la chute. Mais cette chute ne s'est pas faite aux dépens des banquiers et des spéculateurs,non. Non c'est l'ensemble de l'économie réelle qui a été entrainée dans la débâcle de la crise capitaliste.

 

Et qui a dû venir à la rescousse ?

 Qui a dû jouer les pompiers et éteindre cet incendie ? Cet incendie qui risquait de ruiner les petits épargnants et d'assécher le crédit tant des entreprises que des familles?

 

L'Etat bien sûr, la collectivité, le contribuable, c'est-à-dire nous !

 

 

Mais attention, pour la droite pas question de remettre en cause le dogme qui assure le jack pot : au plus vite on aura socialiser les pertes, au plus vite, à les entendre, il faudra revenir au bon vieux système du profit sans entrave, sans redistribution, sans solidarité. Nous ne serions que devant une simple adaptation du marché ;

 Quelle indécence, quelle impudence pour les millions de sans emploi dans le monde !

 

La droite nous a conduits dans un cul de sac et que propose-t-elle pour en sortir ?

 

Elle dénonce l'indexation des salaires, demande des sacrifices aux travailleurs au nom de la compétitivité des entreprises et souhaite une concurrence accrue entre les travailleurs des différents pays pour limiter les hausses de salaire.

 

C’était d’ailleurs bien ça le but, à peine voilé, de la directive Bolkestein que nous avons réussi à modifier, avec l’aide de la mobilisation sociale et citoyenne et que j’ai arrêtée au nom de la Belgique lors d’un  conseil des ministres européen.

 

La droite libérale veut systématiser la régression sociale en Europe. La directive sur le temps de travail qu’elle propose prévoit la clause de l’opt out, selon laquelle l’employeur et le travailleur peuvent librement, évidemment librement, décider, d’un commun accord, que le travailleur renonce à ses droits, en l’espèce celui de ne pas travailler 24 sur 24 et 7 jours sur 7. Cela revient à dire que chacun peut décider de se faire hara kiri, ce n’est pas ma conception de relations sociales qui doivent au contraire être équilibrées.

 

Il n’y a  rien à espérer de cette droite.

 

 

 

Mais, camarades, une autre Europe est possible

 

L’ensemble des socialistes européens, sous la houlette de son président Poul Nyrup Rasmussen, s’est doté d’un programme commun, de propositions fortes pour sortir de la crise libérale.

 

 

Les socialistes européens proposent un Accord européen sur les salaires, premier pas vers un salaire minimum européen.

 

L’Union Européenne doit être autre chose qu’un espace ou les travailleurs de différents pays se livrent une concurrence sans merci. Notre Europe doit être autre chose qu’un espace où personne n’est gagnant si ce n’est les spéculateurs et leurs bénéfices.

 

Il faut enrayer cette dynamique désastreuse de dumping social. Et il faut commencer par là, par les salaires et le pouvoir d’achat.

 

Les socialistes européens proposent un Pacte européen du progrès social, avec des objectifs clairs et chiffrés pour les politiques nationales de solidarité, de santé et d’éducation, pour lutter contre la pauvreté et les inégalités.

 

L’Europe avait fixé des impératifs budgétaires : 3% de déficit et 60% de dette maximum. Il nous faut aujourd’hui des impératifs sociaux et sociétaux : en matière de d’emploi, de salaire, d’éducation, de santé, d’environnement. 

 

Travailler plus pour gagner plus disait un président bling bling bien connu d’un ministre des Finances. On a vu ce qu’a donné cette véritable escroquerie intellectuelle et sociale !

Il faut au contraire renforcer nos systèmes de protection sociale, nos mécanismes de solidarité, et plus que jamais dans cette période de crise et de licenciements qui chaque jours grandit davantage.

 

 

Il convient ainsi, aujourd’hui, de sanctionner les entreprises qui délocalisent et licencient de manière irresponsable : en obligeant le remboursement des aides publiques, en alignant les indemnités versées aux travailleurs sur les plus élevées en application dans l’Union.

 

Et puisque nous parlons de social, un mot aussi sur les soins de santé : savez-vous que la Commission européenne a proposé une directive sur les soins de santé transfrontaliers, soi-disant pour faciliter la mobilité des patients en Europe ?

 

En réalité, il s’agit de mettre les systèmes de santé nationaux en concurrence, de permettre aux plus fortunés, ceux qui peuvent avancer les frais de déplacement et des soins, de s’adonner au shopping médical en Europe. C’est une espèce de directive Bolkestein de la santé.

 

L’enjeu d’une santé de qualité et accessible à tous ce n’est pas le shopping médical et la mise en concurrence. On voit ce que cela donne ! Aux Etats-Unis, le secteur de la santé est aux mains des assurances privées, dans une parfaite concurrence ;  le résultat c’est une santé plus chère, de moins bonne qualité et  qui laisse des millions de personnes sur le carreau.

 

 C’est à l’heure ou les Américains, en votant pour Obama, ont dit assez, assez de ce système néolibéral dépourvu de solidarité,  que la Commission Européenne de Barroso a choisi de s’attaquer de front à ce bastion du modèle social européen.

 

 

L’urgence, pendant cette crise libérale, c’est d’en finir une bonne  fois pour toutes avec cette économie financière complètement dérégulée, incontrôlée et incontrôlable. Comment ? En interdisant les paradis fiscaux, en levant le secret bancaire, en imposant une certification européenne des produits financiers. Et pourquoi pas en lançant des banques publiques européennes, comme j’ai lancé la caisse d’investissement en wallonie.

 

Aujourd’hui, parce que la crise mondiale est là, même la droite, du bout de la langue, comme si c’était un gros mot, ne conteste plus la nécessité d’une régulation pour mettre fin à l’anarchie actuelle. Mais, attention elle veut une régulation corsetée, temporaire.

 Chers camarades, restons extrêmement vigilants, car les paroles n’engagent à rien, et pour le moment rien de très concret n’est encore sorti de la Commission européenne sur ces sujets.

 

 

Joignant, là, le geste à la parole, Les services publics sont une des cibles préférées de l’Europe libérale.

 

Ils sont traités comme des exceptions, des dérogations, presque des anormalités qui ne sont tolérées que pour éviter les explosions sociales et pour ne prendre en charge que ce qui n’est pas rentable. 

 

Ce mouvement doit non seulement cesser mais il faut aussi que l’Europe protège les politiques nationales en faveur des services publics et des services sociaux et que soient développés des services publics européens et des agences européennes de régulation.

 

Avec tous les socialistes européens, nous demandons une évaluation sociale des libéralisations, pour voir si les citoyens ont vraiment bénéficié de la libéralisation de l’énergie, déjà réalisée, et de la Poste, en cours.

 

Je pense que les citoyens qui voient fermer leur bureau de poste, et qui doivent payer de plus en plus pour se chauffer et s’éclairer connaissent la réponse.

 

 L’Europe, les démêlés entre la Russie et l’Ukraine le montrent à souhait, doit organiser son indépendance énergétique. Et pour cela, comme pour la sauvegarde de notre planète, il n’y a pas 36 solutions, il faut promouvoir, avec des objectifs ambitieux à la clef, la production d’énergies renouvelables et les économies d’énergie.

 

Les services publics, Camarades, c’est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas.

 

 

Quant à la relance…

 

 

Mes chers camarades, la Commission européenne a annoncé fièrement une relance européenne de 1,5 % du PIB, soit 200 milliards. Pour le moment on en a vu que 106 milliards, moins de 1% du PIB.

 

L’administration Obama, elle, met plus de 700 milliards sur la table, soit plus de 6 % du PIB.

 

L’effort européen n’est pas à la hauteur des enjeux, des besoins. C’est le choix d’une Europe croupion, qui a peur d’elle-même, qui ne veut surtout pas entraver les petits arrangements entre amis.

 

C’est au contraire le moment, pour l’Europe de s’affirmer. De montrer que son modèle social, que certains Européens rêvent de détricoter, qui doit servir de modèle.

 C’est le moment d’oser la relance par des programmes d’investissements publics, financés par la Banque Européenne d’investissements, ou par l’émission d’emprunts européens.

 

Ce dont l’Europe a besoin, c’est d’une vraie politique industrielle,

qui redonne une colonne vertébrale à l’économie européenne,

qui l’ancre sur notre continent,

qui  répond aux demandes et aux besoins des consommateurs-citoyens,

qui allie performance et respect de l’environnement.

 

C’est le but du plan Marshall en Wallonie, et les résultats positifs sont là. C’est, à l’échelle de l’Europe, une même volonté et une même ambition qu’il faut afficher.

 

Ce n’est pas moins de 10 millions d’emplois nouveaux qui peuvent être crées en Europe dans les secteurs d’avenir si l’Europe s’en donne les moyens.

 

Camarades, l’Europe que je veux, c’est une Europe décomplexée, ouverte. C’est une Europe qui s’affirme comme la base d’un monde plus solidaire

 

 

C’est une Europe qui efface la honte d’avoir adopté une directive, la directive retour, qui autorise les Etats à maintenir en détention pendant 18 mois les étrangers en séjour irrégulier, y compris les personnes malades et les enfants.

 

C’est une Europe qui refuse les concepts d’immigration choisie et d’immigration économique, versions modernes du colonialisme qui pille les pays en voie de développement de leurs ressources humaines après avoir dévalisé leurs sols.

 

C’est une Europe riche de ses diversités culturelles qui permet à tous de s’épanouir dans le respect de chacun.

 

C’est une Europe qui, portée par des gens qui la pensent, qui la rêvent, comme le faisaient François Mitterrand ou Jacques Delors, emporte l’adhésion de ses citoyens. Ce que ne parviendront jamais à faire les mauvais génies qui se contentent de vouloir une Europe pour l’intérêt particulier de quelques uns.

 

Mes chers camarades,

 

Malgré une majorité de droite, les élus socialistes au Parlement européen ont remporté quelques belles victoires. Avec la mobilisation sociale et citoyenne nous avons pu modifier en profondeur la directive Bolkestein, véritable agression anti-syndicale,  et bloquer la tentative de révision de la directive sur le temps de travail dans un sens de régression sociale.

 

Face à une Commission technocratique et totalement acquise à l'idéologie néolibérale, le Parlement Européen est le seul lieu qui dispose d'une légitimité démocratique directe. Et c’est pourquoi il faut en renforcer les prérogatives, par exemple par une application généralisée de la codécision.

 

L'Europe que nous voulons, c’est une Europe des citoyens et de la justice sociale. Une Europe qui ne favorise plus la destruction du lien social dans les pays membres mais qui, au contraire, renforce les mécanismes de solidarité interpersonnelle et les protège au niveau national.

 

Mais pour que le Parlement Européen puisse mener cette politique il doit être dominé par une majorité de gauche, par le Parti Socialiste Européen.

 

Pour réaliser ce changement, pour faire de l'Europe un outil de transformation sociale, le 7 juin, nous voterons socialiste !

 

Tous ensemble camarades, je le redis nous devons combattre et mettre toute notre énergie pour gagner et que notre modèle de société permette à chaque être humain d’avoir une vie décente.

 

Bon dimanche de combat !

 


Par Jean-Claude Marcourt
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Jeudi 26 mars 2009 4 26 /03 /Mars /2009 17:10

 

I Introduction
La structure de l’État belge telle que nous la connaissons aujourd’hui « n’est pas sortie toute faite de l’imagination d’un homme, de la revendication d’une classe politique, de la volonté d’un peuple ou de l’essence surréaliste d’une nation. Le passage d’une structure unitaire à une structure fédérale (…) a été progressif. Cette transformation est l’aboutissement d’un long processus qui s’étale sur un quart de siècle et qui trouve son origine bien avant les décisions constitutionnelles qui en ont constitué les principales étapes »[1].

 

Ce processus déboucha sur quatre vagues successives de réformes institutionnelles en 1970, 1980, 1988-1989 et 1993 qui transformèrent l'Etat unitaire en un Etat fédéral. Même si la réforme de 1993 avait notamment pour objectif « d’achever la structure fédérale belge », les demandes notamment au nord du pays de poursuivre la fédéralisation de l’Etat ne s’estompèrent pas et une nouvelle étape fut ainsi franchie en 2001. Cette dernière répondait partiellement aux demandes d’autonomie fiscale du nord et de refinancement de l’enseignement au sud du pays.

Depuis les élections de juin 2007, la Belgique est confrontée à de nouvelles tensions communautaires, que l’échec des négociations institutionnelles de 2005 a contribué à exacerber. La Flandre revendique une « grande » réforme de l’Etat impliquant le transfert de nouvelles compétences importantes vers les Régions et les Communautés, et, parallèlement, un accroissement significatif de l’autonomie fiscale. Ces revendications sont connues de longue date. Elles sont synthétisées dans les cinq résolutions du Parlement flamand de 1999 votées à une large majorité. Même si une partie d’entre elles ont été rencontrées en 2001 notamment en termes de compétences et d’autonomie fiscale, elles ont été au centre de la campagne électorale flamande de 2007. Plusieurs arguments sont avancés à l’appui de ces revendications : les compétences seraient excessivement dispersées entre les différents niveaux de pouvoir, insuffisamment homogènes, ce qui nuirait à l’efficacité des politiques menées, le modèle actuel serait un fédéralisme de consommation où les entités fédérées ne seraient pas suffisamment responsables, le financement actuel mettrait en péril l’Etat fédéral et la Sécurité sociale, les critères de répartition des moyens entre les entités fédérées ne seraient pas suffisamment objectifs, etc.

Alors qu’une fédération émerge souvent d'un accord initial entre un nombre d'États séparés, la Belgique a connu le phénomène inverse, « glissant » progressivement d’un état unitaire vers un état fédéral. En Belgique, ce transfert de compétences était basé sur l’idée que les matières à régionaliser ou à communautariser seraient mieux réglées au plan régional ou communautaire qu’elles ne l’étaient à l’échelon fédéral. Tout est alors dans la définition de ce mieux qui est chez nous une construction aux variables innombrables dont la plus constante, du côté flamand, est la volonté de s’affranchir au maximum de la discussion à l’échelon fédéral ainsi que de la solidarité fédérale.

 

Quoi qu’il en soit, la décentralisation, comme la centralisation d’ailleurs, peuvent être sources de bien-être supplémentaire pour les citoyens des différentes entités. Au plan théorique, il n’est donc pas opportun de refuser a priori une éventuelle modification de la répartition des compétences entre l’Etat fédéral belge et les entités fédérées, dans un sens comme dans l’autre.

Notons également que même si la répartition des compétences entre les différentes entités résulte de considérations plus largement politiques ou culturelles, il n’en demeure pas moins que le résultat n’est pas très éloigné des principes définis dans la littérature économique. Cela n’exclut pas l’existence de certains problèmes et la possibilité d’amélioration de notre fédéralisme. Notre système fédéral est donc bien évolutif. Cependant, une modification ne peut réduire le bien-être d’une ou de plusieurs des entités[2]. L’analyse développée dans cet article s’appuie sur un modèle fédéral coopératif mais basé principalement sur les trois Régions : Wallonie, Flandre et Bruxelles. Deux aspects seront développés : d’une part, quelles sont les améliorations envisageables de répartition de compétences entre l’Etat fédéral et les entités fédérées et d’autre part, comment pouvons-nous organiser plus efficacement les compétences au niveau wallon, bruxellois et francophone ?

 

II. Des avancées au niveau fédéral

 

Une plus grande capacité d’action des entités fédérées peut aller de pair avec celle de l’Etat fédéral en positionnant chaque entité sur des champs de compétence bien circonscrits, ce qui permet à chaque entité de mener des politiques plus efficaces et à l’ensemble du modèle fédéral d’être plus cohérent. Le manque de lisibilité du système auquel nous sommes actuellement confrontés génère en effet une perte confiance chez le citoyen quant à la possibilité que les institutions soient en mesure de procurer un bien-être collectif. Par ailleurs, la superposition de compétences à plusieurs niveaux de pouvoir implique parfois de multiples initiatives politiques pas nécessairement coordonnées.

Le pré-requis à toute réforme institutionnelle fédérale est le maintien d’une sécurité sociale forte entre tous les citoyens, de quelle qu’entité fédérée qu’ils proviennent, et une solidarité forte entre les entités fédérales belges. Cela sous-entend bien évidemment que la Sécurité sociale soit durablement financée pour permettre de garantir le financement des pensions des prochaines générations et offrir à tous les citoyens des soins de santé de qualité. Pour ce faire, il faut veiller à un financement cohérent de la structure fédérale belge mais aussi à mettre en œuvre les politiques appropriées pour permettre à davantage de citoyens de disposer d’un emploi et ainsi participer à la pérennisation de notre modèle d’Etat providence.

Le droit du travail, la politique salariale et la sécurité sociale dans tous ses piliers et mécanismes de financement doivent demeurer du ressort de l’autorité fédérale.

Par contre, les Régions[3] doivent pouvoir exercer l’ensemble des compétences nécessaires à leur mission principale en matière de développement économique et de politique de l’emploi, à savoir l’accompagnement et le suivi actifs – en ce compris la formation (formation en alternance, congé éducation payé) - des demandeurs d’emploi et des travailleurs et ce, au regard des spécificités de leurs marchés du travail respectifs. Ainsi, les règles générales en matière d’emploi convenable et de dispense de disponibilité doivent rester fédérales tandis que leur application concrète s’opère au niveau des Régions, lesquelles doivent, dans ce cadre, prendre des engagements vis-à-vis de l’Etat fédéral.


Certaines compétences en matière d’emploi sont restées fédérales et pourraient être transférées aux Régions. Il s’agit de dispositifs d’insertion et d’emploi (les ALE, l’outplacement, l’accompagnement des travailleurs victimes de restructurations ainsi que les règles d’octroi de permis de travail temporaire).

Enfin, en matière de réduction de cotisations sociales et de plan d’embauche, les systèmes en place doivent, dans le respect de la concertation sociale, être simplifiés et mieux ciblés et adaptés aux réalités régionales.

Ce renforcement des compétences des entités fédérées doit s’accompagner d’un mécanisme de responsabilisation. Il doit tenir compte des besoins et possibilités de chacun, avec pour résultat, des retombées positives tant pour les Régions que pour l’Etat fédéral. Pour garantir la coordination des politiques de l’emploi et la maximalisation des effets multiplicateurs, on pourrait envisager, comme pour la politique budgétaire, un cadre définissant les stratégies des Régions et de l’Etat fédéral. L’évaluation des politiques menées aux différents niveaux de pouvoir pourrait être confiée à des organismes compétents comme le Conseil supérieur de l’emploi et le Conseil central de l’Economie, …

 

III. Une réforme des institutions wallonne, bruxelloise et francophone

 

La volonté politique flamande d’un approfondissement radical de l’autonomie des entités fédérées, l’aspiration à voir la Belgique évoluer vers un modèle confédéral, ont amené les Wallons et les Bruxellois à s’interroger sur leur avenir et leur devenir communs. C’est ainsi qu’en novembre 2007, un groupe Wallonie-Bruxelles a été mis en place en vue de se pencher sur l’avenir des institutions francophones et l’aménagement des compétences au sein de l’espace Wallonie-Bruxelles.

 

En avril 2008, les ministres-présidents de la Région wallonne et de la Région de Bruxelles-Capitale ont pris position dans ce débat, en développant un plaidoyer bi-régional dans le cadre duquel ils ont exprimé la conviction commune selon laquelle « Seules des Régions wallonne et bruxelloise fortes, établies sur pied d’égalité, permettront aux Wallons et aux Bruxellois de se fédérer et d’organiser de manière efficace les synergies et solidarités auxquelles ils aspirent, au service de leurs intérêts communs et respectifs. Une fédération bi-régionale Wallonie-Bruxelles sera ce trait d’union équitable et efficace dont nous avons besoin ».

Dans l’évolution institutionnelle belge actuelle, l’analyse développée par les deux ministres-présidents est intéressante. Une certaine redistribution des compétences communautaires en direction des Régions serait bénéfique pour l’ensemble des citoyens, l’objectif étant l’amélioration des services rendus à la population wallonne et bruxelloise tant francophone, néerlandophone que germanophone.

Les institutions, dès lors qu’il est acquis qu’elles s’enracinent dans le terreau démocratique, n’ont pas de valeur en soi ; elles peuvent être redessinées plus ou moins fondamentalement s’il apparaît que ces aménagements servent les intérêts légitimes des citoyens, contribuent à améliorer leur bien-être. La démarche adéquate consiste à jauger la pertinence du schéma institutionnel qui s’applique aujourd’hui en Wallonie, à l’aune des intérêts légitimes de ses habitants. En d’autres termes, ces intérêts sont-ils servis de manière optimale dans le schéma institutionnel actuel ?

Dans ce contexte, deux paramètres peuvent être mis en avant.

Le premier concerne la lisibilité du modèle institutionnel applicable au sud du pays. La circonstance qu’une institution apparaît comme peu ou pas compréhensible pour le citoyen, pose un problème que les responsables politiques ne doivent pas chercher à éluder. La dualité institutionnelle actuelle, où existe, à côté de la Région wallonne, une Communauté française, induit de l’incompréhension dans l’esprit de bon nombre de nos concitoyens. Combien de personnes en Wallonie seraient par exemple en mesure de dire qui compose le Parlement de la Communauté française ou dans quelles limites territoriales la Communauté française exerce ses compétences ? Hélas, sans doute, une infime minorité. Un tel constat, à propos d’une institution qui a entre ses mains des compétences aussi stratégiques que l’enseignement et la culture, pose fondamentalement question. Cette situation est-elle sans remède ?

Le deuxième paramètre concerne les compétences. Les compétences communautaires sont essentielles pour mener une politique économique cohérente dans les Régions. Qui peut contester aujourd’hui que le point essentiel à la poursuite du redéploiement économique est l’amélioration de son enseignement et sa meilleure adéquation aux besoins rencontrés par l’ensemble des opérateurs économiques ? Pourquoi la Wallonie ne pourrait-elle pas financer un programme de recherche fondamentale ambitieux renforçant sa politique industrielle ?

 


La simplification des institutions francophones

 

Alors qu’en Flandre, une même institution, la Communauté flamande, exerce à la fois les compétences communautaires et régionales, au sud du pays, la coexistence de la Région wallonne et de la Communauté française a été consacrée.

Le modèle moniste, aux yeux du monde politique wallon, n’a jamais paru sérieusement transposable au sud du pays, dès lors qu’il eût impliqué la dilution de la Région wallonne dans la Communauté française, et donc la négation pure et simple de cette Région. L’idée d’un fédéralisme basé sur l’existence de quatre entités – la Communauté flamande, la Communauté française, la Région bruxelloise et la Communauté germanophone -, constitue une aberration sur le plan sociologique et politique. On ne peut pas faire abstraction du fait régional wallon.

On doit constater aujourd’hui qu’au sein de l’espace Wallonie-Bruxelles, les Régions wallonne et bruxelloise constituent des données institutionnelles incontournables. 

Un autre constat s’impose avec la force de l’évidence : des trois entités que constituent la Région wallonne, la Région de Bruxelles-capitale et la Communauté française, c’est cette dernière institution qui constitue le niveau de pouvoir le moins lisible pour le citoyen. Les Bruxellois et les Wallons s’identifient aisément à leur Région, mais cela semble beaucoup moins le cas pour la Communauté française, qui leur apparaît comme une institution opaque, dont la composition et l’exercice des compétences obéissent à des règles complexes, hors de portée de nombre de nos concitoyens. Notons par ailleurs qu’il n’existe dans le monde aucun état fédéral dont les entités fédérées (qu’elles soient des cantons, des länder, des states, des negens, …) ne sont pas déterminées sur base territoriale.

Des solutions peuvent être mises en avant pour améliorer la lisibilité de l’institution communautaire. Il est possible, en effet, et souhaitable, de reconfigurer la Communauté française, en la redéfinissant, de manière explicite, comme un lieu de rencontre et de solidarité entre les Wallons et les Bruxellois francophones, dans le cadre duquel ceux-ci s’entendent pour gérer en commun une série de matières, à définir. Cette approche rejoint l’idée d’une fédération Wallonie-Bruxelles promue en avril 2008 par les ministres-présidents wallon et bruxellois.

 

A. Les lignes de force de la refondation

 

Il s’agirait de transférer le solde de compétences exercées par la Communauté française à la Région wallonne et aux francophones de la Région bruxelloise (ci-après la Cocof), comme le permet l’article 138 de la Constitution. De façon à maintenir l’existence d’un lien institutionnel entre les Wallons et les Bruxellois francophones, ce transfert s’accompagnerait d’une gestion commune, par la Région wallonne et la Cocof, des matières communautaires au sens de la Constitution et des lois spéciales, que les élus wallons et bruxellois francophones décideraient de soumettre au régime de la gestion commune. Au niveau bruxellois, une intégration plus forte de la Cocof et de la Région bruxelloise pourrait même être envisagée à condition que des mécanismes permettant de garantir l’effectivité des prises de décision au bénéfice des francophones soient mis en place.

 

Sur le plan institutionnel, cette gestion commune se traduirait, au niveau des matières communautaires maintenues en commun, par la tenue d’un Gouvernement commun, par la possibilité de créer des services administratifs communs, par la tenue de réunions parlementaires conjointes (commissions, plénières) dans le cadre d’un parlement réuni, et par l’élaboration d’un budget commun.

 

Afin de conférer un caractère structurel à cette gestion commune, les règles concernant le fonctionnement du Gouvernement commun et du Parlement réuni, pourraient soit faire l’objet de décrets adoptés à la majorité des 2/3 dans chaque assemblée (Région wallonne et Cocof), soit être inscrites dans la loi spéciale tout en pouvant être modifiées par voie de décrets adoptés à la majorité des 2/3 dans chaque assemblée.

 

L’accord entre francophones sur les matières à gérer en commun et sur le modèle institutionnel constituerait un préalable à la mise en oeuvre de la formule : la Communauté française subsisterait dans son fonctionnement actuel, jusqu’au moment où un tel accord serait dégagé.

 

B. Avantages de la formule

 

L’actuelle Communauté française disparaîtrait et serait remplacée par un modèle institutionnel explicitement fondé sur une coopération renforcée entre les deux Régions, appelées à gérer ensemble les matières définies comme communes.

Le modèle institutionnel serait simplifié : il n’y aurait plus de Communauté française comme telle mais des matières communes gérées par les Régions, ensemble, dans le cadre de réunions conjointes des Gouvernements et des Parlements.


Le lien structurel entre les Wallons et les Bruxellois serait maintenu et pourrait même être renforcé dans l’hypothèse où la réforme de l’Etat se traduirait par de nouvelles et importantes défédéralisations de compétences. La structure commune pourrait servir de réceptacle à certaines compétences transférées, s’il apparaît aux Wallons et aux Bruxellois francophones qu’il convient de les soumettre au régime de la gestion commune.


La cohérence de la refondation institutionnelle proposée avec le principe selon lequel, pour les Wallons et les Bruxellois, les Régions sont les entités fédérées de référence, serait parfaite, puisque la gestion commune des matières communautaires trouverait son fondement dans une décision prise par les deux Régions.

 


C. Mise en œuvre de la formule

 

La mise en œuvre de la formule bi-régionale suppose de trancher un certain nombre de questions concrètes, concernant la composition et le fonctionnement du Parlement commun (1), la composition et le fonctionnement du Gouvernement commun (2), et le siège de ces institutions (3).

 

1.      Composition et fonctionnement du Parlement commun

 

Le Parlement commun pourrait être composé et fonctionner comme l’actuel Parlement de la Communauté française (75 wallons et 19 Bruxellois), ou comprendre tous les parlementaires wallons (75) et tous les parlementaires bruxellois francophones (72), ou être constitué d’une émanation de ces deux parlements, selon des modalités à déterminer. Dans ce dernier contexte, il pourrait s’agir d’une représentation, sinon égalitaire, à tout le moins, assurant une surreprésentation aux Bruxellois, de manière à leur permettre d’atteindre la masse critique adéquate.

 

Le choix en faveur de l’une de ces formules de composition peut n’être assorti d’aucune règle particulière ou bien s’accompagner d’un mécanisme de sonnette d’alarme ou bien encore d’un système en vertu duquel aucun décret ne peut être adopté s’il n’est pas soutenu par une majorité (ou par un tiers au moins) du groupe formé par les membres issus d’un Parlement régional.

 

2.      Composition et fonctionnement du Gouvernement commun

 

a.    Composition

 

Par définition, le Gouvernement commun serait composé de ministres régionaux.

 

Il convient d’écarter la formule où tous les ministres régionaux siègeraient, afin de prévenir la mise en place d’un Gouvernement commun pléthorique [4], et de prévoir un nombre limité de ministres appelés à participer au Gouvernement commun, à déterminer en fonction du volume des matières soumises à la gestion commune, et qui ne devrait pas dépasser les cinq unités. Cette modalité n’empêcherait pas le Gouvernement commun d’inviter à ses réunions d’autres ministres régionaux, en fonction du contenu de l’ordre du jour.


Le Gouvernement commun pourrait être composé selon la formule actuelle (et compter au moins un ministre bruxellois[5]), ou selon une formule d’inspiration paritaire dans le cadre de laquelle le Gouvernement commun compterait autant de membres du Gouvernement de la Région wallonne que de membres du Gouvernement de la Région de Bruxelles-capitale, à une unité près. Cette formule présente l’avantage de la souplesse. Elle permet de mettre en place un Gouvernement commun composé d’un ministre-président issu de la Région wallonne, de deux ministres régionaux wallons et de deux ministres régionaux bruxellois. Elle permet aussi de confier la fonction de ministre-président à un ministre bruxellois, sans que cela implique nécessairement que les membres bruxellois deviennent majoritaires au sein du Gouvernement commun, circonstance qui pourrait, en pratique, susciter des réticences à l’attribution de la fonction de ministre-président à un ministre bruxellois.

 

b.    Fonctionnement

 

Le Gouvernement commun déciderait au consensus. La règle du consensus empêche les ministres issus d’une Région de décider contre la volonté des ministres issus de l’autre Région et est de nature, comme c’est le cas aujourd’hui au sein du Gouvernement de la Communauté française, à garantir la juste prise en compte des intérêts respectifs des Wallons et des Bruxellois dans la gestion des matières communes.

 

Par ailleurs, dans la logique du système bi-régional, les ministres régionaux au sein de l’organe commun devront, en pratique, bénéficier du soutien du gouvernement régional dont ils sont issus, quant aux positions qu’ils expriment.

 

c.     Responsabilité politique

 

Dans la logique du schéma bi-régional, le Gouvernement commun est censé bénéficier du soutien d’une majorité d’élus issus du Parlement wallon ainsi que du soutien d’une majorité d’élus issus du Parlement de la Cocof. Toute autre formule aboutirait à ce que les institutions communes puissent mener des politiques contre la volonté d’une des deux Régions, ce qui est de nature à conduire à des tensions et à des blocages.

 

Dans le cadre de cette logique bi-régionale, le Gouvernement commun entrerait en fonction moyennant un vote de confiance exprimé à la majorité absolue des membres de chaque groupe d’élus régionaux (et donc aussi, à la majorité absolue des membres du Parlement réuni).

 

Le Gouvernement commun pourrait faire l’objet d’une motion de méfiance constructive dirigée contre un ou plusieurs ministres individuellement ou contre l’ensemble de ses membres.

 

En cas de motion de méfiance constructive émanant du Parlement commun, donc en rapport avec l’exercice de compétences communes, la motion ne serait recevable que si elle propose, pour remplacer le ou les ministre(s) visé(s) par la motion, un candidat qui est membre du Gouvernement régional dont est(/sont) issu(s) le(s) membre(s) visé(s) par la motion[6]. En fonction de son ampleur, le vote d’une telle motion pourra impliquer, en pratique, des remaniements au sein des Gouvernements régionaux.

 

En cas de motion de méfiance constructive adoptée par un Parlement régional donc dans le cadre des compétences régionales, à l’encontre d’un ministre par ailleurs membre du Gouvernement commun, ce ministre sera démissionnaire de plein droit du Gouvernement commun, par l’effet de la règle selon laquelle il faut être ministre régional pour être ministre du Gouvernement commun. Il appartiendra au Parlement réuni de le remplacer par un autre ministre régional (celui élu dans le cadre de la motion de méfiance constructive ou une autre personne).

 

3.      Siège du Parlement et du Gouvernement réunis

 

Sous réserve d’une évaluation des inconvénients pratiques et stratégiques d’une telle solution, il semblerait logique que les instances communes se réunissent alternativement, selon un cycle à définir, aux sièges des Gouvernements et Parlements régionaux. Le dédoublement du siège des institutions communes permettrait d’assurer un double ancrage, wallon et bruxellois, à l’ex-instance communautaire, et pourrait faciliter l’appropriation par les Wallons et les Bruxellois du nouveau modèle.

 

IV. Conclusion

 

Comme il a été souligné supra, les institutions n’ont pas de valeur en soi ; elles n’ont un sens que si elles permettent d’améliorer le bien-être collectif de notre population.

 

Le Plan Marshall en est le meilleur exemple : la Wallonie est prête à prendre son destin en main ; Elle est prête à exercer et à assumer des compétences supplémentaires dans le cadre d’une future réforme de l’Etat.

 

La modeste contribution de cet article vise à tracer quelques pistes à cet égard. Dans un pays aussi complexe que la Belgique, elles ne pourront voir le jour qu’après de difficiles négociations et ne seront donc probablement jamais appliquées telles quelles. 

 

Mais l’état d’esprit dans lequel elles ont été réfléchies devra, lui, perdurer et être celui à l’aune duquel nous examinerons les propositions soumises. Cet état d’esprit ne pourra se résumer à une simple affirmation régionaliste ou au sentiment d’impuissance face aux ukases du nord du pays. Par contre, nous devrons être conscients et confiants que l’octroi à la Wallonie de leviers supplémentaires en termes d’emploi, d’enseignement, de culture, … doit lui permettre de faire face aux défis auxquels elle sera confrontée demain.

 

 

--------------------------------------------------------------------------------

[1] Lentzen E., Le processus de fédéralisation in Où va la Belgique ? Les soubresauts d’une petite démocratie européenne, L’Harmattan, 1998.

[2] Bayenet B., Capron H. et Liégeois Ph., L’espace Wallonie-Bruxelles, de Boeck, 2007.

[3] Voir infra

[4] Dans l’état actuel des choses, il pourrait compter 14 ministres. Le nombre maximum de ministres régionaux est en effet fixé à 9. Dans les matières communautaires exercées par décret, les secrétaires d’Etat bruxellois sont considérés comme des ministres à part entière, ce qui donne 5 ministres bruxellois.

[5] La règle actuelle est que le Gouvernement de la Communauté française doit compter au moins un ministre domicilié à Bruxelles. Ce ministre ne doit donc pas être membre du Gouvernement régional bruxellois. Dans le modèle bi-régional, les Bruxellois siégeant au sein du Gouvernement commun devraient être membres du Gouvernement de la Région bruxelloise.

[6] Ce qui suppose que tous les ministres régionaux ne composent pas le Go

 

Par Jean-Claude Marcourt
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Jeudi 19 février 2009 4 19 /02 /Fév /2009 14:33

Ce 6 mars, je serai à la soirée « Planet Dance » organisée par Liège Notre Métropole au manège de Liège (rue Ransonnet, 2 à 4020 Liège).  Il s’agit d’une soirée durable, c'est-à-dire à faible empreinte écologique. On y trouvera notamment une piste de danse qui produit sa propre énergie par les pas des danseurs.

 

J’aurai le plaisir de concourir dans un « battle de DJ », avec mon amie DJ Giselle. L’équipe gagnante sera celle qui vous aura fait produire le plus d’électricité verte.

 

Seront en compétition :

-   Panache culture - Jean-Jacques Rausin

-   Raphaël Charlier et Olivier Van Hoofstadt

-   Moi-même et DJ Giselle

-   Philippe  Reynaert  et Bernard Dobbeleer

-   Stéphane Pauwels et Nordin Jbari

-   Bouldou et une surprise

 

Je vais donc avoir besoin de votre soutien et de vos encouragements !  Venez nombreux vous démener sur la piste de danse et me permettre ainsi de l’emporter lors du set avec DJ Giselle !  Je vous y attends à partir de 21h.

 

L’ASBL Terre s’implique aussi dans l’aventure et propose une boisson gratuite à ceux qui apporteront un sac de vêtements de seconde main. Alors, pensez « durable »… Cette soirée sera l’occasion de faire la fête ensemble « autrement » !

 

Plus d’info :

www.planetdance.be

Par Jean-Claude Marcourt
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Mardi 17 février 2009 2 17 /02 /Fév /2009 15:59
Ce 18 février, je serai dans les locaux de TECHNIFUTUR, à Seraing  dans le cadre des
 Artisans de l'Éducation : rencontre-débat IEV
 Pour un enseignement qualifiant
 
L'enseignement qualifiant forme à des métiers essentiels et porteurs d'emplois. La crise financière et économique actuelle avec, à la clé, une recrudescence du chômage, couplée à l'arrivée de nouveaux métiers, implique la réorganisation de l'enseignement qualifiant. Il est nécessaire de revoir de fond en comble son organisation, sa structuration, son offre et ses moyens afin qu'il représente une filière d'excellence et un premier choix.
 
Venez débattre de ce projet ambitieux en présence de représentants de l'enseignement qualifiant, de responsables de centres de technologiees avancées et de compétence, d'acteurs de terrain et de représentants des entreprises.
 
La deuxième rencontre-débat des "Artisans de l’Éducation" se tiendra le 18 février prochain, de 13h30 à 17h00, dans les locaux de TECHNIFUTUR, à Seraing.
 
L’objectif de cet atelier est de débattre des enjeux de l’enseignement qualifiant en présence de représentants de l’enseignement, de la formation, de partenaires sociaux et des Ministres Christian Dupont et Jean-Claude Marcourt.
 
Voici quelques uns des intervenants qui feront part de leur point de vue sur les enjeux de l’enseignant qualifiant :
 Maurice SEMER, Directeur général du Centre de compétence TECHNIFUTUR
  • Eric BUYSSENS, Président du Centre de référence EVOLIRIS
  • Bernard ANDRIES, Préfet de l’Athénée Royal Serge CREUZ de Bruxelles
  • Jean-Pierre STREEL, Directeur de l’Ecole provinciale polytechnique de Seraing
  • Eric VAN SEVENANT, Président du Comité Subrégional de l’Emploi et de la Formation de Charleroi, chargé de l’animation du projet pilote de bassin
    scolaire à Charleroi
  • Basilio NAPOLI, Directeur général de FOREM CONSEIL
  • Jacques BOUNAMEAUX, Administrateur général de l'IFAPME
Organisateur
Mais encore
Tél : 02 513 20 19
Par Jean-Claude Marcourt
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