Sous la pression des eurodéputés socialistes, le Parlement européen a rejeté, aujourd'hui à Strasbourg, par 332 contre 307, une proposition de la Commission qui aurait abouti à exclure les routiers indépendants de la législation européenne sur l'aménagement du temps de travail.
Ce vote est une bonne nouvelle pour les travailleurs routiers, car d’évidence les chauffeurs indépendants et les chauffeurs salariés ont les mêmes besoins et méritent d’avoir les mêmes droits en matière de sécurité et de santé. C’est aussi une façon d’éviter le dumping social et la création de faux travailleurs « indépendants » corvéables à merci. Enfin, c’est la sécurité de TOUS les usagers de la route qui est préservée du risque d’une libéralisation absolue du temps de travail des chauffeurs indépendants !
La Commission européenne a pris note du résultat du vote. Le Parlement européen issu des élections européennes de juin sera saisi à nouveau du dossier.
Les socialistes ont fait encore une fois preuve de leur efficacité dans une assemblée européenne pourtant dominée par la droite. Il est d’autant plus important de donner au nouveau Parlement Européen une majorité socialiste, pour faire en sorte que sur ce dossier, comme sur tant d’autres, l’Union Européenne s’engage sur la voie du progrès social et non sur celle de la régression sociale.
Après le blocage de la directive sur le temps de travail – qui aurait autorisé de passer outre la durée légale du temps de travail pour laisser employeurs et employés discuter « librement », au cas par cas -, c’est un nouveau revers pour la Commission Barroso finissante et la preuve non seulement qu’il est temps de changer d’Europe mais encore qu’il est possible de le faire. Et le plus vite sera le mieux.



