Musique!

J'ai reprogrammé un peu ma web radio...
Si vous le souhaitez, cliquez sur "play".

Flux d'infos...

  • Flux RSS des articles

Recommander

Vendredi 1 décembre 2006 5 01 /12 /Déc /2006 13:54
Alors que Hugo Chavez a de grandes chances d’être réélu dimanche à la présidence du Venezuela, c’est un autre pays d’Amérique latine qui vient de porter à sa tête un candidat de gauche : Rafael Correa est en effet devenu président de l’Equateur. Après le Nicaragua de Daniel Ortega, la Bolivie d’Evo Morales et le Chili de Michelle Bachelet, l’Equateur viendra ainsi rejoindre ce véritable printemps de la gauche latino-américaine, qui fut encore confirmé par la réélection attendue – mais éclatante – de Lula au Brésil. Si l’on y ajoute l’Argentine de Nestor Kirchner et le Venezuela de Hugo Chavez, c’est en effet l’essentiel du continent qui est aujourd’hui aux mains de la gauche. Sans compter que, là où elle n’a pas gagné (Pérou ou Mexique), elle s’est renforcée.
 
Il y a bien sûr plus que des nuances entre des socialistes ou travaillistes à l’Européenne (Lula, Bachelet) et des nationalistes de gauche, aux accents exaltés fleurant parfois un peu le populisme indigéniste (Chavez ou Morales). Ils ne s’entendront sûrement pas sur tout et on ne souhaiterait d’ailleurs pas forcément les soutenir dans toutes leurs idées. Mais ils ont en commun, à des titres divers, trois projets politiques qui, s’ils se réalisent, donneront un solide ballon d’oxygène à ce continent émergent : une option privilégiée pour la justice sociale, le souci d’intégrer davantage l’Amérique latine et la volonté de réguler un capitalisme qui s’est montré trop souvent là-bas, sous son jour le plus sauvage.
 
Ils ont aussi le souci de rééquilibrer leurs relations avec le puissant voisin nord-américain, qui a toujours considéré cette partie du monde comme « son jardin privé » et qui y a rarement, dans l’histoire, toléré de trop fortes volontés d’indépendance. Même aujourd’hui, alors qu’elle est empêtrée dans cette tragique aventure qu’est la guerre en Irak, l’administration Bush ne s’est pas privée d’intervenir de près dans toutes les élections en question. Mais il semble que le « jardin » des Etats-Unis ne soit plus aussi docile : peut-être précisément ne se laisse-t-il plus aussi facilement faire parce que le grand voisin du nord s’est déconsidéré de par ses entreprises belliqueuses.
 
Sans illusion aucune et en sachant que le continent latino-américain a encore bien des jours amers devant lui, je pense que l’Europe, et la gauche européenne en particulier, ne peuvent que se réjouir de voir toute une partie du monde tendre (lentement) vers plus de justice quand, bien souvent, partout ailleurs, c’est la violence et la haine qui emportent tout. L’Europe devrait se réjouir aussi de voir un autre continent qui, à sa manière, essaye de se donner un peu d’unité par-delà les particularismes nationaux, ethniques ou culturels. Grâce à ce mouvement, il y a, en tout cas, un peu plus d’équilibre dans cette partie du monde, où l’Etat le plus puissant de la planète a cessé de pouvoir dicter sa politique d’un simple claquement de doigt. En définitive, c’est une bonne nouvelle aussi pour les citoyens des Etats-Unis qui ont tout à gagner à s’éloigner de l’arrogance délétère où les a parfois conduits un gouvernement manifestement trop peu sensible au bruit du monde.
 
Si l’Amérique du Sud peut aider l’Amérique du Nord à réapprendre un tant soit peu ses propres limites, certainement le monde entier y sera-t-il gagnant.
 
 
Par Jean-Claude Marcourt - Publié dans : jc.marcourt
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 29 novembre 2006 3 29 /11 /Nov /2006 13:45
Au cours de ces dernières semaines, les chauffeurs de bus liégeois se sont spontanément déclarés en arrêt de travail à la suite de nouveaux incidents sur le réseau. Je ne souhaite pas revenir sur la responsabilité des uns et des autres dans la longueur inhabituelle de ces arrêts de travail, en soulignant néanmoins qu’évidemment la violence qui semble désormais inhérente à ce type de transport, les exemples, ici comme à l’étranger, le montrent, est inacceptable. Mais cet arrêt de travail est l’occasion de repréciser l’importance – et les limites – du droit de grève dans notre tradition de relations sociales.
 
Le droit de grève est un aspect fondamental des relations entre employeurs et travailleurs. S’il doit être utilisé avec modération dans une région économiquement fragile, il reste que la possibilité de la grève lorsque la concertation échoue est un élément essentiel de l’exercice de la citoyenneté au travail, y compris dans les services publics. Il rééquilibre la relation sociale qui, sans lui, serait outrageusement favorable aux employeurs.
 
Comme tous les usages de la citoyenneté, le droit de grève est encadré. En particulier, il s’exerce avec un préavis. Les chauffeurs de bus, qui font un métier difficile et parfois risqué, « oublient » régulièrement le préavis et réagissent à chaud aux incidents qui se passent. On peut les comprendre. Pour autant, est-ce raisonnable ? Le respect du préavis n’est pas un élément accessoire du droit de grève. Il permet d’utiliser la grève en la modulant selon la gravité des enjeux, de la discussion et des désaccords.
 
La grève sauvage, même déclenchée dans un moment d’exaspération justifié, est particulièrement contre-productive. Elle ne « durcit » pas le droit de grève : elle l’affaiblit. Elle l’affaiblit, particulièrement dans les transports en commun, où elle touche des gens économiquement fragiles : étudiants, personnes âgées et revenus modestes, à savoir ceux qui n’ont pas la possibilité de se retourner immédiatement vers la solution de la voiture. Ils ne peuvent que rester au bord du chemin. Dès lors, il est difficile de leur demander leur compréhension, a fortiori leur solidarité.
 
Au-delà de cela, dans une société qui sera bientôt engorgée par ses voitures, un réseau de transport public fiable est un élément essentiel pour une organisation plus équilibrée de la mobilité. La possibilité pour une catégorie professionnelle, quels que soient ses mérites quotidiens, de paralyser, non pas l’activité économique – parce que ce n’est pas le cas – mais la vie quotidienne des petites gens, se retourne en définitive contre ces travailleurs eux-mêmes. Elle emprisonne notre société encore davantage dans le « tout automobile ».
 
Je ne veux pas porter de jugement moral sur les mouvements spontanés. Encore une fois, je peux le plus souvent comprendre ce qui les anime. Mais, outre qu’ils ne servent pas notre économie, ils ne servent pas non plus le droit de grève. Ils le fragilisent. Il faut avoir le courage de le dire aux chauffeurs de bus.
Par Jean-Claude Marcourt - Publié dans : jc.marcourt
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 22 novembre 2006 3 22 /11 /Nov /2006 11:07
Le temps a passé depuis le 08 ocotbre... Chacun garde en mémoire quelques traces de la campagne éléctorale passée...  Certains fixent ces moments sur pellicule ou sur cartes mémoire.  Jim Sumkay est de ceux-là...

No comment.








Visitez le site de Jim Sumkay >>>
Par Jean-Claude Marcourt - Publié dans : jc.marcourt
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 10 octobre 2006 2 10 /10 /Oct /2006 15:24
A tous ceux qui m’ont soutenu, qui m’ont témoigné leur confiance en votant pour moi ou en participant à ma première campagne électorale, merci du fond du cœur.

Ce fut une expérience fabuleuse. Liège et les Liégeois, je connais depuis toujours. Mais pas comme ça. Pas en allant les rencontrer pour défendre un programme, pour discuter politique jusqu’au bout de la nuit à l’occasion d’une soirée « tupperware » ou de la troisième mi-temps d’un débat entre candidats. Merci de votre accueil, de vos encouragements, de vos nombreuses idées aussi, que j’ai notées et dont beaucoup alimenteront certainement mes propositions au Conseil communal.

Merci à mes colistiers pour leurs conseils parfois, leur présence souvent et leur soutien toujours.

Notre liste a fait un beau score. Dans un contexte difficile et après avoir amorcé une reprise en 2000, elle progresse à nouveau. C’est un beau message de reconnaissance du travail accompli qui est ainsi adressé à l’équipe sortante et à notre Bourgmestre, Willy Demeyer. Je suis très heureux d’avoir pu, avec lui, contribuer à ce succès.

Me voici conseiller communal liégeois. C’est une charge qui m’honore mais dont je mesure la responsabilité. Comptez sur moi pour la remplir sans jamais rompre le contact avec vous. Et notamment à travers ce site qui demeure ouvert à vos commentaires…
 
Dieu, les élections et le PS
 
Dans Le Soir de samedi dernier, un éditorialiste écrivait en substance que si Dieu existait, il ferait en sorte que le PS soit sanctionné par l’électeur à l’occasion des communales. Il y aurait beaucoup à dire sur cette vision théocratique de la démocratie représentative, même lorsqu’elle est revêtue, comme ici, d’un vernis humoristique. 

Pour rester dans le ton de l’auteur, on pourrait constater que soit (a) Dieu n’existe pas – si j’en avais un, je parierais d’ailleurs mon chapelet que c’est ce que sera amené à conclure notre ci-devant agnostique éditorialiste samedi prochain… – ; soit (b) Il existe bien et, dans son infinie sagesse, Il a distribué les résultats du vote d’une manière soigneusement pondérée, cherchant à encourager les méritants et à faire un gros doigt aux autres sans pour autant les envoyer en enfer ni même au purgatoire. Je préfère m’en tenir à une séparation du temporel et du spirituel plus conforme à mes convictions démocratiques pour remarquer que, en matière de suffrage universel, la diabolisation d’un acteur est rarement efficace. La démocratie est affaire de Raison – et je dote à dessein ce mot de la majuscule que lui accordaient les Lumières – et la raison s’accommode mal des caricatures outrancières et autre réductionnisme. A trop insulter la capacité de discernement des électeurs, on risque de récolter le contraire de ce qu’on a semé.

A force de charger le PS de tous les péchés de la terre, de confondre (volontairement ?) les fautes inexcusables de certains mandataires et le fonctionnement systémique du parti, de suggérer que celui-ci est plus proche d’une organisation malintentionnée que d’un relais de la vie démocratique, on s’affranchit dangereusement de la vérité et on ne rend pas service à la démocratie. Certes, il serait commode de pouvoir ramener tout ce qui grippe, tout ce qui râpe, tout ce qui déconne dans le fonctionnement de notre régime représentatif à une seule famille d’acteurs (la plus grosse, inévitablement). On n’aurait plus à ce préoccuper du reste. Virez le PS, comme ça tout ira mieux : on éliminera les mandataires dévoyés, le conflit d’intérêt, les décisions inopportunes, les problèmes budgétaires, la hausse du prix de l’essence, les mauvais indices pluviométriques, que sais-je encore… Ce serait si facile : virez le PS et on n’aura que des sympas, des gentils, des gens-biens-quoi-enfin (bien cois ?) pour gérer nos institutions…

Loin de moi l’idée que le PS serait parfait ou même que des leçons ne doivent pas être tirées du dernier scrutin. Mais arrêtons de prétendre que d’autres formations le seraient, elles, parfaites. Forcément, par nature en quelque sorte. Cessons de faire semblant de croire que le régime démocratique lui-même le serait ; que, appliqués dans le plus strict respect de la lettre, ses principes et ses normes pourraient nous protéger des erreurs, des fautes et des dérives.

Car c’est aussi cela le civisme : éviter de déformer la démocratie, lui donner des proportions justes, sans exagération dans un sens ni dans l’autre.

Au final, je ne vois donc dans le résultat des élections communales aucune preuve de l’existence de Dieu (pas plus d’ailleurs que de son inexistence…). Je me contente d’y lire la volonté du peuple. Et d’y trouver une constante invitation à remettre en permanence nos idéaux et nos pratiques sur le métier démocratique, dans toutes les limites de notre humanité imparfaite.
Par Jean-Claude Marcourt - Publié dans : jc.marcourt
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Jeudi 28 septembre 2006 4 28 /09 /Sep /2006 10:52
François Lamoureux est mort à la fin du mois d’août.

Ce Bordelais n’était pas très connu de l’opinion publique. Il a pourtant été un acteur de premier plan de la construction européenne au cours des vingt dernières années. 

J’ai pu apprécier son incroyable dynamisme et sa redoutable intelligence alors que j’étais chef de cabinet fédéral et qu’il était Directeur général à la Commission européenne. En charge du transport et de l’énergie, il a joué un rôle considérable dans la mise en place d’une vraie politique européenne de mobilité dont on commence à mesurer les bénéfices.

Dans cette fonction, il avait aussi mouillé son maillot pour faire naître le projet Galiléo qui n’est rien d’autre que le futur GPS européen. Galiléo explique assez bien qui était François Lamoureux, un homme de projets, un maître des mots qui ne croyait qu’aux actes : il s’agit d’une grande ambition pour l’Europe qui assure ainsi son indépendance technologique et industrielle dans le domaine du radioguidage satellitaire ; c’est un outil qui sera plus performant et plus précis que son concurrent américain (il disposera d’une résolution trois fois plus grande) et il s’agit de la première entreprise commune européenne, un statut qui se base sur une disposition du Traité de Maastricht que Lamoureux avait rédigée lui-même.

Car François était aussi, avec Pascal Lamy, un pilier historique de l’équipe de Jacques Delors à l’époque où la Commission européenne était autre chose qu’une courroie de transmission passive des Etats les moins disant sur le plan de l’ambition communautaire. Il avait consacré son énergie inlassable au service de celui qu’il révérait comme un dirigeant éclairé et courageux.

Le socialisme était d’ailleurs un engagement profond chez François. Débarquant à Bruxelles, il avait tenu à s’affilier au PS et militait activement dans sa fédération. Nombreux sont ceux qui avaient ainsi perçu ses qualités, derrière une façade plutôt rugueuse. Ainsi Romano Prodi qui demanda au juriste Lamoureux de rédiger, sous le nom de code de Pénélope, un projet de Constitution européenne alternatif à celui de Giscard.

Mais cette constance dans la défense de ses convictions ne lui a pas valu que des amis. Il y a moins d’un an, Barroso, en grand ordonnateur qu’il est de la théorie libérale d’une Commission faible, l’a tout simplement débarqué en dépit d’états de service remarquables. Quelques semaines plus tard, on lui découvrait un cancer. Un nouveau combat pour François, mais tellement inégal cette fois. Il est mort à 57 ans. Il a été enterré à Bordeaux en présence de Jacques Delors, de Pascal Lamy et de ses nombreux amis.

Mes pensées vont à son épouse et à ses quatre enfants.
Par Jean-Claude Marcourt - Publié dans : jc.marcourt
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Facebook & Twitter

Profil Facebook de Jean-Claude Marcourt

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Recherche

Images

Liens

jeunessocialiste.jpg




 
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés