Musique!

J'ai reprogrammé un peu ma web radio...
Si vous le souhaitez, cliquez sur "play".

Flux d'infos...

  • Flux RSS des articles

Recommander

Jeudi 1 mars 2007 4 01 /03 /Mars /2007 15:47

Parce que l’entreprise « La Poste », c’est d’abord les postiers

 
La Poste,entreprise toujours majoritairement publique, vient d’inaugurer son nouveau centre de tri en région liégeoise. Certains s’en souviennent, le choix de la localisation de ce centre ultra moderne a fait couler encre et salive mais là n’est l’essentiel. Car en marge de ces discussions, c’est l’existence même de ce centre, et bien sûr la proximité des services et les emplois que cela comporte, qui étaient en débat.

 
Je peux en attester pour avoir participé aux discussions : si La Poste a finalement pris la bonne décision, conforme à sa mission de service public, c’est en grande partie aux organisations syndicales qu’on le doit et singulièrement à la plus représentative d’entre elles au sein de l’entreprise.

 
Certains commentateurs ont cru alors plaisant de qualifier la défense des services publics par les représentants des travailleurs d’archéo-syndicalisme par analogie à l’anarcho-syndicalisme revendiqué par certaines centrales de la FGTB.

 
Avec l’ouverture de ce centre ultramoderne, dont les responsables de La Poste disent eux-mêmes qu’il est ultra performant, les archéo-syndicalistes ont montré qu’ils savaient encore conjuguer le présent mais aussi le futur. Un futur qui, pour les services postaux européens reste soumis à bien des incertitudes dues à cette mode fourre tout qu’on appelle libéralisation. Une mode dont les consommateurs d’électricité, c’est-à-dire tout le monde, peut aujourd’hui mesurer pleinement les « bienfaits ».

 
C’est en effet le futur des services publics – et la poste en est évidemment un – que nous devons assurer, sans reniement honteux mais avec, au contraire, la revendication affirmée d’assurer à l’ensemble de la population et particulièrement à la frange la plus défavorisée de celle-ci, des services de qualité qui ne répondent aveuglément à la seule logique du marché.

 
Cette logique, quand on la laisse faire sans l’encadrer, sans la réguler, mène à des situations aussi brillantes que celle des chemins de fer en Grande-Bretagne pour ne prendre qu’un exemple.

 
La défense des services publics est-elle une action idéologique ? Evidemment oui. Car les services publics participent pleinement d’une vraie politique d’égalité de tous les citoyens, quel que soit leur âge, qu’ils vivent à la ville ou à la campagne, qu’ils soient nantis ou pas.

 

Par Jean-Claude Marcourt - Publié dans : jc.marcourt
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 26 février 2007 1 26 /02 /Fév /2007 15:06
Une victoire des femmes.
 
Depuis quelques jours, les femmes portugaises savent qu’elles vont sans doute conquérir le droit à l’avortement, dans des conditions qui restent à définir. La victoire nette du « oui » au référendum organisé ce dimanche ne constitue pas à elle seule une garantie : moins de 50 % des électeurs s’étant déplacé, le résultat n’est pas juridiquement contraignant. Mais le Premier Ministre socialiste a déjà annoncé qu’il respecterait la volontaire populaire et agirait pour faire modifier la loi. Le chef du principal parti d’opposition, le Parti Social-Démocrate, a annoncé qu’il souhaitait lui aussi tenir compte de l’avis majoritaire.
 
Comme socialiste, je ne peux que me réjouir de voir le Portugal faire un pas supplémentaire dans le mouvement européen d’émancipation croissante des femmes (non encore totalement abouti, il s’en faut de beaucoup) et vers cette valeur fondamentale qu’est la libre disposition de soi. Et surtout, avec la majorité des votant(e)s de ce dimanche, on se réjouira, d’un simple point de vie humain, d’une évolution qui peut mettre fin au drame vécu annuellement par près de 20.000 femmes, principalement les plus pauvres, obligées d’avorter clandestinement chaque année dans des conditions de santé dramatiques. En cette année 2007 consacrée par la Commission européenne, « année européenne de l’égalité des chances pour tous », le Portugal traduit cette volonté politique dans les faits au travers, ironie du sort, d’un référendum dont l’actuel président de ladite Commission, José Manuel Barroso avait refusé l’organisation lorsqu’il était Premier ministre à Lisbonne.
 
Dans un pays resté historiquement catholique à plus de 80 %, cette victoire du « oui » n’a pas été facile, certains ténors de l’Eglise de Rome n’ayant pas manqué de tenter d’influencer le scrutin .
 
L’aventure portugaise de ce dimanche et sa conclusion heureuse nous rappellent évidemment des moments connus dans notre pays il y a déjà plus de vingt ans. La résistance acharnée de l’Eglise catholique évoque aussi pour nous, des temps que l’on peut espérer révolus en Belgique. Je comprends aisément l’indignation de nombreux laïcs devant l’obstination que met la hiérarchie catholique, ou tout autre institution ou groupe de pression, à combattre avec toujours autant de vigueur le droit pour chacun de garder en dernier ressort, le libre choix de ce qu’il fait de son corps. Pour autant, ce n’est pas la leçon qui me paraît devoir être tirée du référendum portugais. Au contraire : ce que celui-ci démontre, c’est qu’en Europe, même là où la foi catholique est très majoritaire, au sein même des communautés chrétiennes se développe ainsi une réflexion morale autonome et de moins en moins de chrétiens acceptent les oukases de leur propre institution. En cela, les croyants font la démonstration qu’ils peuvent vivre leur foi en toute autonomie.
 
Cela ne vaut, certes, que dans notre « vieille Europe ». Sur les autres continents, la laïcité reste quelque chose de difficile à vivre et, notamment dans cette société particulière que constituent les Etats-Unis.
 
Mais le référendum portugais vient nous montrer une fois de plus que, chez nous, il est possible de concilier une morale laïque avec des convictions religieuses et que le clivage laïc/clérical peut être sinon dépassé, au moins apaisé. Je pense que c’est, sans jeu de mots, une « bonne nouvelle » : dans beaucoup de sociétés européennes, ce clivage a parasité longuement la vie politique, contrecarrant les souhaits d’unité progressiste de tous ceux qui, laïcs, chrétiens, juifs ou musulmans (pour ne prendre que les religions les plus pratiquées chez nous), ont en commun le souci d’une société plus juste et plus tolérante. En Belgique, en particulier, pays qui reste majoritairement catholique, lui aussi, (même si c’est sans doute de manière assez molle) il a été possible d’engranger des changements majeurs sur l’euthanasie et l’union homosexuelle, dans un consensus politique finalement assez large.
 
Là est pour moi la leçon essentielle du référendum portugais : les antagonismes religieux, en Europe, doivent beaucoup aux ambitions d’institutions ecclésiastiques désireuses de maintenir leur contrôle sur leurs ouailles. Nos sociétés gagneraient sans doute sérieusement en lisibilité politique à ramener le conflit laïc/clérical à des proportions moins fantasmées, d’un côté comme de l’autre : confrontés seulement aux réalités morales de la vie quotidienne, croyants et non croyants peuvent se retrouver sur des valeurs communes et sur un même projet de société, sans abdiquer leurs spécificités, mais dans le respect mutuel et la construction de compromis acceptables. C’est au fond la seule définition utile de l’idée de « laïcité ».
Par Jean-Claude Marcourt - Publié dans : jc.marcourt
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 8 février 2007 4 08 /02 /Fév /2007 17:56

Les dictatures et leurs sous produits que sont les régimes forts ont toujours eu pour premier réflexe de se méfier de l’intelligence et de vouloir juguler ou à tout le moins maîtriser l’expression en général et l’expression artistique en particulier.

Est-ce parce que « dans le monde de la condamnation à mort qui est le nôtre, les artistes témoignent de ce qui dans l’homme refuse de mourir », comme l’écrivait Camus ? Peut-être.

C’est en tout cas parce que l’art est une incomparable source de citoyenneté. Parce que la création artistique – tout comme peut l’être la découverte scientifique -, c’est évidemment la capacité de s’exprimer mais c’est donc aussi la capacité de s’indigner, de refuser la fatalité, de vouloir changer le monde.

J’en ai eu la confirmation au Festival de Liège qui vit les derniers moments de son édition 2007. A quelques jours d’intervalle, j’y ai assisté au spectacle des Ouvriers de la joie – tout un programme… - et à la projection de Rwanda 94, film miroir de la pièce éponyme du Groupov.

Chacun à sa manière, ces deux spectacles, ces deux expressions artistiques, questionnent, remuent, enrichissent.

Venus d’un pays où le pouvoir ferme les théâtres – on n’est jamais trop prudent : cadenasser, c’est bien, étouffer, c’est plus sûr ! -, les Iraniens Ouvriers de la joie nous ont montré toute la palette de leurs talents en provoquant l’émotion en mêlant art populaire traditionnel et improvisation (car en plus ils improvisent, c’est dire s’ils sont dangereux).

Avec la version filmée de Rwanda 94, on retrouve toutes les questions, tous les chocs, toute l’émotion du spectacle scénique du même nom. Très souvent, les captations ou autres adaptations filmées de spectacles vivants déforcent ceux-ci, les affadissent en perdant la fragilité et l’urgence du contact physique entre spectateurs et acteurs. Ici, le témoignage de l’infirmière reste bouleversant et l’exposé de Jacques Delcuvellerie garde sa lucidité extrême tout empreinte de doute avec, au bout de la réflexion, ce sursaut : « On ne peut pas ne rien faire ».

On est là au cœur de la citoyenneté comme je la comprends. Faite d’attention à l’autre, de conscience individuelle et collective, de volonté d’émancipation. La culture - même s’il serait sans doute plus sensé de parler de cultures ou d’expressions culturelles -, dans les différentes formes qu’elle prend, est, à cette aune, là indispensable à l’épanouissement des individus et des collectivités.

Promouvoir l’art ressort donc pleinement d’une mission de service public. Ce qui renvoie à la responsabilité des pouvoirs publics, garants, précisément, de l’intérêt collectif, en précisant d’emblée que toute initiative émanant du privé ou toute collaboration avec le privé doit être recherchée et encouragée.

Une ville ou une région qui porte la culture est immanquablement portée par elle. Parce que les idées y sont davantage en débat, l’imagination davantage porteuse de projets, la découverte de nouveaux horizons davantage accessible. Et j’ajoute, c’est une dimension trop souvent oubliée, parce que la culture est aussi créatrice d’activités et d’emplois, directs comme indirects.  

Post scriptum :Ce samedi 17 février, le Festival de Liège se termine – c’est là qu’on regrette de n’avoir pas plus de temps disponible pour faire d’autres découvertes -  sur un anniversaire : le 30ème du Cirque Divers. A cette occasion j’ai répondu à l’invitation du jardinier des paradoxes, Michel Antaki , plus au semoir qu’au sécateur, de me risquer à la console. Si le cœur vous en dit…

Par Jean-Claude Marcourt - Publié dans : jc.marcourt
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 31 janvier 2007 3 31 /01 /Jan /2007 18:49
Ainsi donc le pirate d’Auderghem – qui comme celui d’Astérix rate ses abordages avec une régularité de métronome – a remis le couvert.

Poussé par son enthousiasme destructeur – ce que certains psychothérapeutes appellent l’ « état négatif confirmé » -, le sénateur libéral n’hésite pas  à charger la barque d’à peu près :le choix de l’ascenseur de Strépy-Thieu comme dérive de l’Objectif 1 est symptomatique et pour tout dire assez loufoque, comme l’a fait remarquer la Libre. Pour rappel, l’Objectif 1 n’est intervenu que de manière infime dans le financement de cet ouvrage.

Sa propension à remonter le temps jusqu’à y trouver des données suffisamment mauvaises pour discréditer présent et futur reviendrait presque à en faire une sorte de prospectiviste du passé. La performance n’est pas mince. Et le transforme en épouvantail qui fait peur quand est petit puis qui fait rire ou sourire quelques années plus tard.

En surjouant de la sorte, Destexhe décrédibilise totalement son propos. Or une partie de ce qu’il écrit est exact. Mais comme nous le savons, le mensonge peut aussi s’exercer par omission.

Ainsi, c’est vrai que la situation de la Wallonie reste en décalage par rapport à la Flandre. Qu’il convient de mobiliser toutes les énergies. Qu’il faut changer les mentalités pour que les Wallonnes et les Wallons prennent davantage leur sort en mains. Qu’il nous faut encore et encore créer de l’activité économique et de l’emploi.

Depuis que je suis ministre je ne cesse de le marteler et merci donc à  Monsieur Destexhe de nous dire ainsi que nous avons eu raison de faire le plan Marshall.

Mais pourquoi ne pas dire aussi ce qui va mieux et parfois bien ? Que nous faisons mieux que la Flandre et que la moyenne européenne en matière  de création d’entreprises comme en matière d’accueil d’entreprises étrangères. Que dans certains secteurs de pointe, des entreprises wallonnes sont leaders mondiaux. Que la progression de nos exportations est plus rapide que celle des régions et pays voisins. Que nous n’avons jamais eu autant de postes de travail.

Je ne dirai jamais, et je mets au défi quiconque de me prendre en défaut là-dessus, que tout va bien. Ce serait au moins aussi sot que de dire que tout va mal et ce serait, en plus, insultant pour toutes celles et tous ceux qui sont sans emploi et qui souffrent de cette situation. Là est en effet la faiblesse principale de la Wallonie aujourd’hui : le chômage et singulièrement le chômage des jeunes. J’ai pris un certain nombre d’initiatives pour favoriser l’emploi des jeunes, je pense par exemple à l’APE jeunes qui permet d’abaisser le coût du travail pour les jeunes peu ou pas qualifiés. Le micro-crédit, les bourses de préactivité, les mesures destinées à lutter contre les pénuries participent de la même volonté.

Mais tout cela ne marchera que si collectivement les Wallonnes et les Wallons évitent le double piège du défaitisme et du « yaka ». Ce qui me fait penser à quelqu’un…

Par Jean-Claude Marcourt - Publié dans : jc.marcourt
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mardi 23 janvier 2007 2 23 /01 /Jan /2007 15:55
La figure de proue du combat des sans abris vient de disparaître à 94 ans. On peut ne pas apprécier toutes les positions de l’Abbé Pierre (notamment lorsqu’il a soutenu Roger Garaudy), on n’en est pas moins obligé de reconnaître le symbole extraordinaire qu’il est devenu dans la lutte contre la pauvreté chez nous. Depuis son « coup de gueule » de l’hiver 1954, le « grand barbu en soutane, en grosse pèlerine et en godillots[1] » était devenu l’icône symbolique du combat pour les sans-abri, l’apôtre infatigable du droit au logement pour tous, et son expérience a pu inspirer des actions aussi récentes que celles des « enfants de Don Quichotte », tout récemment à Paris. On ne peut donc pas, même s’il y a des réserves, ne pas saluer sa mémoire.
 
On ne peut non plus s’empêcher de s’interroger sur l’évolution de nos sociétés riches : depuis 1954, la pauvreté (et donc l’absence de toit) ont connu un véritable « aller et retour ». Au moment où l’Abbé Pierre entamait son combat, on commençait à voir dans nos pays les premiers effets de la plus puissante machine de solidarité que l’on ait jamais inventée : la sécurité sociale. Dans les années 50, on pouvait trouver la pauvreté dénoncée par l’idole des sans abris comme un scandale au sens fort du terme : un résidu du passé, venu hanter une société où la pauvreté était appelée à disparaître inexorablement.
 
Un demi-siècle plus tard, il nous faut bien déchanter : certes, nos sociétés ont considérablement progressé dans la sécurité et le confort qu’elles peuvent offrir (songeons à l’augmentation de l’espérance de vie et de manière générale, à tous les progrès de la médecine, songeons aussi aux formidables possibilités de déplacement et de communication dont nous disposons par rapport à 1954) mais elles n’ont pas éradiqué la pauvreté, il s’en faut de beaucoup. A l’inverse, on sait que dans le monde « riche », depuis le début des années 80, une large partie du revenu généré par la croissance est allée aux plus nantis (plus dans les pays anglo-saxons que chez nous, mais aussi chez nous) et que le sort des petits revenus peine à suivre. Plus grave encore, peut-être : la pauvreté, depuis cinquante ans, s’est déplacée des plus âgés vers les plus jeunes. Si le nombre de pensionnés vivant dans la misère a diminué – et c’est bien sûr un succès de la sécurité sociale – le nombre de jeunes qui n’arrivent pas à « accrocher » et qui se retrouvent pauvres pour très longtemps ne cesse d’augmenter. C’est l’avenir que cette pauvreté-là hypothèque. C’est cette réalité qui m’avait conduit, en 1992, à fonder « Un toit pour la nuit », premier abri de nuit laïque à Liège qui, je dirais hélas car sa nécessité est plus que jamais là, fonctionne toujours aujourd’hui.
 
Dans les jours qui viennent, tout le monde va porter l’Abbé Pierre aux nues. Tous, riches ou pauvres, de gauche ou de droite, vont saluer sa grandeur morale et son inlassable opiniâtreté. Mais pour combien d’entre eux sera-ce autre chose qu’une concession au « politiquement correct » ? Combien noteront le scandale qu’il y a à voir le droit au logement aussi fragile aujourd’hui qu’il y a cinquante ans ? Combien vont retrousser leurs manches pour prendre le relais ?
 
Comme socialiste, je ne tiens pas à « récupérer » l’Abbé Pierre : il avait ses idées, qui n’étaient pas toujours les miennes et sa façon de faire les choses, que je ne partageais pas forcément. Mais il reste aujourd’hui encore un symbole nécessaire : celui d’une vision de la société pour qui la prospérité n’est utile que si elle se partage. C’est une vérité que mesurent tous les jours ceux qui ont des responsabilités dans notre région fragilisée. Et c’est une des rasons pour lesquelles je fais mon métier de politique.
 


[1] Selon la formule de l’encyclopédie « Wikipédia ».
Par Jean-Claude Marcourt - Publié dans : jc.marcourt
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Facebook & Twitter

Profil Facebook de Jean-Claude Marcourt

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Recherche

Images

Liens

jeunessocialiste.jpg




 
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés