Parce que l’entreprise « La Poste », c’est d’abord les postiers
La Poste,entreprise toujours majoritairement publique, vient d’inaugurer son nouveau centre de tri en région liégeoise. Certains s’en souviennent, le choix de la localisation de ce centre ultra moderne a fait couler encre et salive mais là n’est l’essentiel. Car en marge de ces discussions, c’est l’existence même de ce centre, et bien sûr la proximité des services et les emplois que cela comporte, qui étaient en débat.
Je peux en attester pour avoir participé aux discussions : si La Poste a finalement pris la bonne décision, conforme à sa mission de service public, c’est en grande partie aux organisations syndicales qu’on le doit et singulièrement à la plus représentative d’entre elles au sein de l’entreprise.
Certains commentateurs ont cru alors plaisant de qualifier la défense des services publics par les représentants des travailleurs d’archéo-syndicalisme par analogie à l’anarcho-syndicalisme revendiqué par certaines centrales de la FGTB.
Avec l’ouverture de ce centre ultramoderne, dont les responsables de La Poste disent eux-mêmes qu’il est ultra performant, les archéo-syndicalistes ont montré qu’ils savaient encore conjuguer le présent mais aussi le futur. Un futur qui, pour les services postaux européens reste soumis à bien des incertitudes dues à cette mode fourre tout qu’on appelle libéralisation. Une mode dont les consommateurs d’électricité, c’est-à-dire tout le monde, peut aujourd’hui mesurer pleinement les « bienfaits ».
C’est en effet le futur des services publics – et la poste en est évidemment un – que nous devons assurer, sans reniement honteux mais avec, au contraire, la revendication affirmée d’assurer à l’ensemble de la population et particulièrement à la frange la plus défavorisée de celle-ci, des services de qualité qui ne répondent aveuglément à la seule logique du marché.
Cette logique, quand on la laisse faire sans l’encadrer, sans la réguler, mène à des situations aussi brillantes que celle des chemins de fer en Grande-Bretagne pour ne prendre qu’un exemple.
La défense des services publics est-elle une action idéologique ? Evidemment oui. Car les services publics participent pleinement d’une vraie politique d’égalité de tous les citoyens, quel que soit leur âge, qu’ils vivent à la ville ou à la campagne, qu’ils soient nantis ou pas.
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