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J’ai déjà eu l’occasion d’y insister dans ce blog : les enjeux économiques et les défis écologiques ne sont pas antinomiques. J’ai récemment invité une vingtaine de patrons wallons ainsi que des représentants d’organisations environnementales à voir le film d’Al Gore. Dans l’échange qui a suivi, il ne nous a pas été difficile de nous mettre d’accord sur la nécessité d’inscrire la lutte contre le réchauffement au cœur même du développement économique de notre Région.
Quelque soit le bout par lequel on prend les choses, un constat s’impose : l’âge du carbone touche à sa fin. Ce n’est pas un problème idéologique ni même moral. C’est une question de (sur)vie et de développement.
L’enjeu est donc d’identifier les solutions techniques et économiques qui nous permettront d’assurer notre prospérité collective, nos emplois et notre bien-être sans le carbone. Pour cela, il faut que cette nouvelle ère qui s’ouvre à nous soit porteuse d’innovations et que nous soyons capables d’audace.
C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de créer un cluster – c’est-à-dire d’un réseau d’entreprises – consacré aux nouveaux gisements énergétiques. L’objectif est de booster les initiatives existantes ou en gestation en Wallonie pour rationaliser l’utilisation de l’énergie ou faire progresser de nouvelles formes d’énergie. J’espère ainsi susciter et soutenir des projets qui feront intervenir, de manière soudée, plusieurs partenaires complémentaires pour développer des solutions nouvelles que nous pourrons produire, vendre et, demain peut-être, exporter. Des solutions qui signifieront aussi des emplois nouveaux et des ressources supplémentaires pour l’avenir de
Aujourd’hui, la question énergétique est devenue, sans jeu de mot, le carburant qui alimente le moteur européen. Le Sommet des chefs d’Etats et de gouvernements qui se réunit aujourd’hui et demain à Bruxelles vient d’adopter un projet ambitieux qui donnera aux 27 un cadre stratégique cohérent et une vision de long terme en la matière. Les Etats membres ont en effet entériné le principe d’une réduction de 20% des gaz à effet de serre, d’ici 2020, en plus des efforts réalisés dans le cadre du protocole de Kyoto. Mais, mieux encore, ils ont réussi à s’accorder sur un objectif volontariste en matière d’énergies renouvelables. Ils s’engagent de manière contraignante à ce que 20% de l’énergie produite en 2020 le soit à travers des sources d’énergie renouvelable !
C’est un horizon exigeant mais pas inatteignable. Et le nouveau cluster constitue, à l’échelle de
En amont de ces mesures, celles-ci et toutes celles qui restent à mettre au point, il faudra de la volonté politique. Mais en aval, il faudra un véritable engagement de chaque Wallonne et de chaque Wallon pour gagner ensemble le combat de l’après-carbone.
Ce faisant, il permet un exercice intéressant : rappeler, sans le vouloir explicitement, deux différences majeures entre la gauche et la droite.
« Le désordre, c’est l’injustice », nous dit Sarkozy. Sur ce point, il n’a pas tout à fait tort. Mais la gauche voit les choses dans l’autre sens : c’est l’injustice qui produit le désordre. La distinction est fondamentale. Car, s’il est facile de « rétablir l’ordre » (à coups de matraques, s’il le faut), il est bien plus difficile de combattre les injustices qui, inévitablement, reproduisent le désordre. Pour cela, il faut s’en prendre non pas aux manifestants des banlieues (la « racaille ») mais aux puissants : à ceux qui, au sommet du monde des affaires, du monde politique ou du monde médiatique, profitent plus ou moins largement des inégalités croissantes dans nos sociétés et sont tout de même rarement visés par les discours sarkozystes. Le Monde rappelait récemment que le salaire des PDG, dans les 120 premières entreprises françaises, était équivalent à 300 fois le SMIC. Voilà une impressionnante injustice et voilà sûrement une des mutliples explications du désordre. Un tel écart –que même les économistes les plus orthodoxes estiment injustifié – n’est pas de nature à donner l’impression aux jeunes des banlieues que la société où ils vivent leur prépare un avenir de progrès social.
Ni les forces de police les mieux armées (ou, parfois, les plus brutales), ni la saturation de nos rues par des caméras de télévision ne suffiront à enrayer le « désordre » tant que les inégalités continueront de prospérer à un tel niveau. Mais le problème de la droite à
L’appel incantatoire à « l’autorité » est la deuxième différence entre la gauche et la droite. L’autorité est certainement une valeur que les deux camps partagent. Mais ils la conçoivent très différemment. Pour la droite, le « rappel à l’autorité » s’adresse à ceux qui la subissent : c’est une injonction d’obéissance. Pour la gauche, ce rappel s’adresse à ceux qui la revendiquent : c’est une injonction de responsabilité. En effet, dans notre société, trop de pouvoirs s’exercent sans aucune responsabilité, ou, en tous les cas, sans responsabilité équivalente. Le pouvoir est parfois même inversément proportionnel à la responsabilité : quelle est la responsabilité d’un actionnaire anonyme de fonds financier qui déplace ses avoirs d’ici à là ? Sarkozy serait bien plus convaincant s’il rappelait aux « grands » de ce monde que l’autorité n’est pas le pouvoir, mais ce qui rend le pouvoir légitime : l’autorité ne s’exerce pas, elle se mérite. Et la société que Sarkozy défend est – malheureusement – une société où l’on exige souvent plus de mérite de ceux qui n’ont pas de pouvoir que de ceux qui en ont.
En définitive, le candidat UMP aux élections présidentielles ne fait que rappeler que la gauche et la droite, cela reste bien différent. Mais, bien sûr, il tentera de le faire oublier entre les deux tours.
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